L’observatoire Copernicus confirme l’accélération du réchauffement en Europe

Le dernier rapport sur l’état du climat en Europe publié par l’observatoire Copernicus et l’organisation météorologique mondiale confirme l’accélération du réchauffement sur le continent européen. Les données pour l’année 2025 montrent une aggravation des phénomènes climatiques extrêmes et une pression croissante sur les ressources naturelles, les écosystèmes et les territoires.

Selon le rapport, 95 % du continent européen a connu des températures annuelles supérieures à la moyenne de la période 1991-2020. L’année 2025 a également enregistré la deuxième vague de chaleur la plus sévère jamais observée en Europe. Certaines régions ont connu des niveaux de chaleur exceptionnels : dans le sud et l’est de l’Espagne, le nombre de jours avec des températures supérieures à 32 °C a dépassé de cinquante jours la moyenne habituelle.

Le rapport souligne que l’Europe et l’Arctique demeurent les régions du monde qui se réchauffent le plus rapidement. Cette dynamique affecte particulièrement les territoires les plus froids, où la neige et la glace jouent pourtant un rôle essentiel dans la régulation climatique. En 2025, les régions subarctiques de Norvège, de Finlande et de Suède ont connu la pire vague de chaleur jamais enregistrée, avec vingt-et-un jours consécutifs de températures extrêmes et des pics dépassant les 30 °C à l’intérieur du cercle polaire arctique.

Les conséquences sont déjà très visibles. La surface enneigée de l’Europe a atteint son niveau le plus bas depuis le début des observations en 1983, avec une diminution de 31 % par rapport à la moyenne. Les glaciers européens continuent également de perdre massivement de la glace. L’Islande a ainsi enregistré la deuxième perte de masse glaciaire la plus importante de son histoire récente.

Les milieux marins subissent eux aussi une pression croissante. La température moyenne de surface des mers européennes a atteint un niveau record pour la quatrième année consécutive. En Méditerranée, les températures observées figurent parmi les plus élevées jamais enregistrées. Plus de 86 % des eaux européennes ont connu des vagues de chaleur marines considérées comme fortes, et plus d’un tiers du territoire maritime a subi des conditions qualifiées de sévères ou extrêmes.

Cette évolution exerce une pression directe sur la ressource en eau. En 2025, 70 % des cours d’eau européens ont enregistré des débits inférieurs à la moyenne, tandis que l’année figure parmi les trois plus sèches depuis le début des mesures de l’humidité des sols en 1992. Dès le mois de mai, plus de la moitié du continent européen était touchée par des conditions de sécheresse.

Ces phénomènes ont fortement contribué à l’augmentation des incendies de forêt. Plus d’un million d’hectares ont brûlé en Europe en 2025, un niveau record qui a particulièrement touché l’Espagne, Chypre, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l’Allemagne.

Le rapport alerte également sur les conséquences croissantes pour la biodiversité. Les vagues de chaleur, la sécheresse et les incendies fragilisent des écosystèmes déjà vulnérables, qu’il s’agisse des prairies marines méditerranéennes, des zones humides ou encore des tourbières, essentielles au stockage du carbone et à la régulation de l’eau.

Au-delà des chiffres, ce rapport confirme surtout une accélération des transformations climatiques en Europe. Les phénomènes observés ne relèvent plus d’événements exceptionnels isolés, mais d’une tendance structurelle qui modifie profondément les équilibres environnementaux et les conditions de vie sur le continent.

Ces constats renforcent la nécessité d’accélérer les stratégies d’adaptation dans les territoires. Gestion de l’eau, protection des populations face aux fortes chaleurs, préservation des écosystèmes, évolution des pratiques d’aménagement ou encore transformation des modèles agricoles deviennent des enjeux centraux pour les collectivités et les acteurs territoriaux.

Face à ces défis, le Comité 21 poursuit son engagement pour accompagner les territoires dans la mise en œuvre de trajectoires d’adaptation concrètes et opérationnelles. À travers ses travaux, ses démarches d’accompagnement et ses espaces de coopération, l’association contribue à renforcer la capacité des acteurs à anticiper les effets déjà visibles des changements climatiques et à construire des réponses collectives adaptées aux réalités locales.

👉Lire le rapport ici

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