Table Ronde : De nouveaux modèles sociétaux : Propositions pour un Monde Durable

Le 11 mars 2025, le Comité 21 a organisé une table ronde pour la présentation d’une version de travail de son rapport intitulé Cap sur de nouveaux modèles sociétaux durables pour pouvoir vivre dans les tourmentes. Cet événement, également l’occasion de célébrer les 30 ans de l’association, a réuni des experts de divers horizons pour discuter des défis et solutions liés à la transition écologique, en intégrant les aspects sociaux et économiques essentiels pour un futur résilient.

De nouveaux modèles inclusifs et durables : une nécessité pour l’avenir 

Philippe Dessertine, président du Comité 21, a ouvert la table ronde avec des déclarations fortes sur les enjeux de la transition écologique et sociale. Il a rappelé que “le dérèglement climatique, ce n’est pas une question de mode, c’est une question de constat.” Selon lui, il est essentiel de combiner écologie et justice sociale pour créer un modèle de développement durable qui ne rime pas avec stagnation, mais avec transformation. Philippe Dessertine a aussi insisté sur la nécessité de proposer un modèle universel, “non seulement pour la France, mais aussi pour le reste du monde.” Il a souligné que l’entreprise est aujourd’hui l’un des lieux de confiance les plus forts pour la population, bien plus que les institutions publiques.

Rupture et responsabilité historique : l’appel de Bettina Laville 

Bettina Laville, présidente d’honneur du Comité 21, a quant à elle mis en lumière la nécessité de “rompre avec ce qui paralyse l’avènement d’un nouveau modèle.” Elle a ajouté qu’il est crucial de proposer des ruptures réelles, plutôt que de se contenter d’engagements vagues. “Nous avons une responsabilité historique : soit nous faisons alliance pour le bien commun, soit nous sombrons dans une alliance de régression.” L’idée de fragilité comme socle du modèle du futur a été soulignée : “Nous devons apprendre à construire à partir de cette réalité.” Bettina Laville a également insisté sur l’importance d’une planification des ruptures, expliquant que des mesures ponctuelles sans vision globale engendrent instabilité et rejet social.

Le rôle de l’entreprise dans la transition

Les interventions des autres experts ont apporté des perspectives complémentaires sur les défis à relever. Jean Viard, sociologue, a abordé la transition écologique sous un angle anthropologique, soulignant que nous vivons “une révolution où la nature reprend le pouvoir sur notre histoire.” Il a insisté sur le fait que cette transition doit être vécue comme une espérance et non une contrainte. Jean Viard a également noté que les classes populaires, qui se sentent exclues des bénéfices de l’écologie, sont aujourd’hui séduites par les mouvements populistes. “La gauche n’a pas compris que l’entreprise est devenue un des derniers lieux de confiance pour les citoyens,” a-t-il affirmé.

Isabelle Spiegel, vice-présidente Environnement chez Vinci, a rappelé que l’industrie doit être moteur dans la transition écologique, en intégrant des pratiques durables tout au long de la chaîne de production. Selon elle, la durabilité doit être perçue non comme une contrainte, mais comme une opportunité d’innovation. “Il faut renforcer la collaboration entre entreprises et pouvoirs publics pour accélérer la transition,” a-t-elle ajouté, soulignant la nécessité de repenser les infrastructures pour anticiper le changement climatique.

Un système complexe à transformer

Stéphane Durand, expert en transformation des systèmes socioéconomiques, a souligné l’existence de “101 obstacles qui freinent la transition écologique.” Selon lui, ces obstacles sont d’ordre psychologique, sociologique et institutionnel. Il a insisté sur la nécessité d’adopter une approche systémique, en évitant le solutionnisme technologique qui ne prend pas en compte la complexité des enjeux. Stéphane Durand a également lancé un avertissement fort : “L’histoire montre que les civilisations n’ont jamais réussi à bifurquer : elles connaissent une phase de croissance, de stagnation puis d’effondrement. Nous devons être la première à changer de trajectoire” ,mettant ainsi en lumière l’urgence d’une transformation en profondeur.

L’importance d’une planification solide et inclusive

Marine Braud, associée et fondatrice d’Almeda, a insisté sur l’importance de structurer la planification écologique pour la rendre irréversible. Elle estime qu’“Il est essentiel de comprendre pourquoi les mouvements populistes gagnent du terrain : ils répondent à un besoin que nous ne savons pas encore prendre en compte.” Sur la base de ce constat, Marine Braud a souligné que “la planification et l’adaptation sont les clés de la transition, mais elles doivent être construites avec les citoyens pour éviter un rejet social.”

Un appel à l’action collective

Cet événement a offert un éclairage précieux sur les enjeux liés à la transition écologique et solidaire et la nécessité de repenser les modèles socio-économiques. Les experts ont unanimement insisté sur la nécessité d’une transformation globale, alliant écologie, justice sociale et coopération entre les différents acteurs de la société. Le Comité 21, avec ses 30 ans d’expérience, continue de jouer un rôle crucial dans cette dynamique collective, appelant chacun à prendre sa part de responsabilité pour un avenir plus durable et équitable.  

📌 Ressources disponibles : 

📄 Version de travail du rapport : Cap sur de nouveaux modèles sociétaux durables pour pouvoir vivre dans les tourmentes

▶️ Replay de la table ronde : De nouveaux modèles sociétaux : Propositions pour un Monde Durable

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