Établissement Grand Ouest

Planification écologique : où en est réellement la France ? 

Le Secrétariat général à la planification écologique (SGPE) a mis en ligne le 18 juin dernier une nouvelle version de son Baromètre de la planification écologique, un outil inédit destiné à suivre l’avancement des principaux objectifs environnementaux fixés par la France. À travers près de 250 indicateurs issus des grandes stratégies nationales – Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), loi Agec, plan Eau, stratégie biodiversité ou encore politiques de lutte contre les pollutions – ce tableau de bord offre une photographie précieuse de l’état d’avancement des transitions engagées.   L’initiative mérite d’être saluée. Dans un domaine où les objectifs sont nombreux et parfois difficiles à appréhender, le baromètre apporte davantage de transparence et permet de suivre, de manière accessible, l’écart entre les trajectoires actuelles et les engagements pris par la France. Il constitue également un outil utile pour les collectivités, les entreprises, les associations et l’ensemble des acteurs engagés dans la transition écologique.  Mais au-delà de l’exercice de transparence, les résultats appellent à la vigilance.  Le constat dressé par le SGPE est sans ambiguïté : la France progresse sur certains sujets, mais reste en retard sur plusieurs objectifs structurants. Comme le reconnaissent les concepteurs du baromètre eux-mêmes, « on est rarement en avance sur nos engagements ».   Parmi les principaux points de vigilance figure la lutte contre l’artificialisation des sols. Malgré l’objectif de réduction progressive de la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers, les trajectoires actuelles restent insuffisantes pour atteindre les ambitions fixées. Or la préservation des sols constitue un enjeu majeur à la fois pour la biodiversité, la ressource en eau, la souveraineté alimentaire et l’adaptation aux changements climatiques.  La situation est également préoccupante concernant la qualité de l’eau. Une part importante des masses d’eau françaises demeure éloignée du bon état écologique fixé par les directives européennes. Les pressions liées aux pollutions diffuses, aux prélèvements et aux évolutions climatiques continuent de peser lourdement sur les milieux aquatiques.  Le baromètre met aussi en évidence les difficultés rencontrées dans la réduction des déchets ménagers. Malgré les progrès réalisés en matière de tri, de recyclage et d’économie circulaire, les volumes produits restent trop élevés pour respecter les trajectoires prévues par la loi Agec.  Les indicateurs relatifs à la qualité de l’air soulignent également des écarts importants avec les objectifs à atteindre à l’horizon 2030. Les nouveaux seuils européens imposeront des efforts significatifs pour réduire certaines émissions polluantes responsables de nombreux impacts sanitaires.  Plus globalement, le baromètre confirme que les enjeux de biodiversité, de ressources naturelles et de réduction des pollutions demeurent parmi les plus difficiles à traiter. Ces sujets nécessitent souvent des transformations profondes des modèles économiques, agricoles, industriels ou d’aménagement.  L’un des enseignements les plus marquants de cet exercice concerne toutefois l’adaptation aux changements climatiques. Alors même que la France s’est dotée d’un troisième Plan national d’adaptation au changement climatique et que les impacts du réchauffement deviennent chaque année plus visibles, le baromètre ne dispose pas encore d’indicateurs suffisamment robustes pour mesurer les progrès réalisés dans ce domaine. Plusieurs travaux sont en cours, mais l’absence actuelle d’indicateurs opérationnels illustre la difficulté persistante à évaluer concrètement la résilience des territoires, des infrastructures ou des populations face aux risques climatiques.   Cette situation interroge. Car si les émissions de gaz à effet de serre, la consommation énergétique ou les volumes de déchets peuvent être relativement bien mesurés, l’adaptation reste souvent plus difficile à objectiver. Comment mesurer la résilience d’un territoire face aux canicules ? La capacité d’une collectivité à gérer une crise liée à l’eau ? L’évolution de la vulnérabilité des populations ? Ces questions deviennent pourtant centrales à mesure que les effets des changements climatiques s’intensifient.  Pour le Comité 21, ce nouveau baromètre confirme l’importance d’articuler davantage les politiques nationales et les dynamiques territoriales. Les trajectoires environnementales ne pourront être atteintes sans une mobilisation renforcée des collectivités, des entreprises, des associations et des citoyens. Les Conférences régionales de la planification écologique ont constitué une première étape importante, mais leur traduction opérationnelle reste désormais l’enjeu principal.   Au-delà des chiffres, le baromètre rappelle surtout que la transition écologique est un exercice de long terme qui exige de la cohérence, de la continuité et de la capacité à mesurer objectivement les progrès réalisés. Il montre également que les défis restent considérables et que les prochaines années seront déterminantes pour respecter les engagements climatiques, environnementaux et de préservation des ressources que la France s’est fixés.  Car si mesurer les écarts est indispensable, la véritable question demeure : comment accélérer suffisamment pour les réduire ?  En savoir +

Centre-Val de Loire : repenser l’habitabilité des territoires face aux transitions

Comment continuer à habiter durablement les territoires dans un contexte de changements climatiques, d’évolutions démographiques et de transformations sociales profondes ? C’est à cette question que la Région Centre-Val de Loire souhaite répondre à travers sa nouvelle démarche « Habiter le Centre-Val de Loire – Repenser le jardin de la France », officiellement lancée le 12 juin à Orléans. Cette initiative part d’un constat simple : les modèles d’aménagement hérités du passé ne suffisent plus à répondre aux défis actuels. Les territoires doivent désormais composer avec des épisodes de chaleur plus intenses, des tensions croissantes sur l’eau, des risques d’inondation, des besoins en logement, des mobilités à transformer, des services publics à maintenir et des équilibres à préserver entre espaces ruraux, villes moyennes et centralités urbaines. La notion d’habitabilité permet précisément de poser ces questions ensemble. Elle ne se limite pas au logement ou à l’urbanisme. Elle interroge les conditions concrètes qui permettent à un territoire de rester vivable, accueillant, résilient et désirable : accès à l’eau, qualité des sols, présence de nature, confort d’été, proximité des services, mobilités du quotidien, cohésion sociale, capacité d’adaptation des équipements et qualité du cadre de vie. Avec cette démarche, la Région souhaite construire une vision partagée de l’avenir régional, en associant largement collectivités, élus locaux, architectes, urbanistes, aménageurs, chercheurs, acteurs économiques, culturels et citoyens. L’objectif est de dépasser une approche strictement technique ou réglementaire de l’aménagement pour ouvrir un débat plus large : comment voulons-nous habiter le Centre-Val de Loire demain ? La démarche se veut aussi très opérationnelle. Un appel sera lancé pour identifier des projets locaux cohérents avec cette nouvelle manière d’habiter le territoire. Ces projets pourront être accompagnés par la Région dans le cadre d’un dispositif d’accélération, avec une enveloppe de 500 000 euros issue du Feder. L’enjeu sera de soutenir des démonstrateurs concrets, observables et évaluables, capables d’inspirer d’autres territoires. L’accompagnement des élus locaux constitue un autre axe central. Parce qu’ils sont en première ligne dans les choix d’aménagement, les élus doivent pouvoir disposer de repères, d’outils et d’exemples pour faire évoluer leurs projets. La Région entend s’appuyer notamment sur ses contrats d’aménagement avec les collectivités, qui représentent 400 millions d’euros sur six ans, afin d’intégrer plus fortement les enjeux climatiques, sociaux et territoriaux dans les décisions d’investissement. La démarche accordera également une place importante aux ateliers territoriaux. Ces temps de travail permettront de faire dialoguer des acteurs qui ne se rencontrent pas toujours : élus, techniciens, habitants, professionnels de l’aménagement, artistes, architectes, associations ou acteurs économiques. Cette méthode est essentielle, car l’habitabilité d’un territoire ne peut être pensée depuis un seul point de vue. Elle suppose de croiser les usages, les besoins, les contraintes et les imaginaires. L’initiative s’appuie aussi sur la culture et l’architecture comme leviers de projection collective. L’exposition « Living with – Faire avec », présentée au Frac d’Orléans, montre comment l’architecture peut aider à penser des manières d’habiter avec l’existant, avec la nature, avec les vulnérabilités ou encore avec les territoires abîmés. Elle rappelle que les transitions ne relèvent pas seulement de normes ou d’investissements, mais aussi de notre capacité à imaginer d’autres futurs possibles. Cette dimension est particulièrement importante. Pour transformer les territoires, il ne suffit pas d’aligner des objectifs. Il faut aussi construire un récit commun, donner à voir des solutions, rendre désirables des changements parfois perçus comme contraignants. En ce sens, l’imaginaire devient une ressource pour l’action publique. Les cinq piliers de la démarche résument bien cette ambition : anticiper plutôt que subir ; mettre les élus au cœur de la fabrique territoriale ; expérimenter sur le terrain ; mobiliser la créativité et la culture ; construire un récit régional partagé. Ils traduisent une volonté de faire de l’aménagement un levier de transformation, et non une simple réponse aux contraintes. Cette approche rejoint pleinement les convictions du Comité 21. Les transitions écologiques, sociales et économiques ne peuvent réussir que si elles sont territorialisées, appropriées par les acteurs locaux et construites dans la coopération. Les enjeux de sobriété foncière, d’adaptation aux changements climatiques, de protection du vivant, de santé, de mobilité ou de logement doivent désormais être pensés ensemble, à l’échelle des bassins de vie. Le Comité 21 accompagne précisément ces dynamiques en créant des espaces de dialogue entre collectivités, entreprises, associations, chercheurs et citoyens. Son rôle est de faciliter le passage de la prise de conscience à l’action, en aidant les territoires à identifier leurs vulnérabilités, à partager les connaissances, à structurer des coopérations et à faire émerger des solutions adaptées aux réalités locales. L’initiative lancée en Centre-Val de Loire illustre ainsi une évolution majeure des politiques territoriales. Il ne s’agit plus seulement de planifier le développement, mais de garantir la capacité des territoires à rester habitables dans un monde en transformation rapide. Cette question deviendra centrale dans les années à venir, car elle conditionne directement la résilience des territoires, la qualité de vie des habitants et la cohésion sociale. Repenser l’habitabilité, c’est finalement poser une question simple mais décisive : comment continuer à vivre ici, demain, dans de bonnes conditions ? C’est à partir de cette question que peuvent se construire des politiques publiques plus justes, plus sobres et plus adaptées aux défis du siècle.

Parcours d’accompagnement sur l’adaptation aux changements climatiques

Parcours d’accompagnement sur l’adaptation aux changements climatiques  Le Comité 21 propose un parcours d’accompagnement pour aider les acteurs publics et privés à construire, ensemble, des stratégies d’adaptation aux changements climatiques.  Face à des impacts climatiques déjà visibles et appelés à s’intensifier, l’adaptation suppose en effet de croiser les diagnostics, d’aligner les stratégies et de renforcer les coopérations entre les collectivités locales, les acteurs socio-économiques et les habitants du territoire. L’objectif est de constituer de véritables équipes territoriales de l’adaptation, capables de passer d’une lecture partagée des vulnérabilités à des actions coordonnées.  Ce parcours s’inscrit dans le cadre du 3e Plan national d’adaptation au changement climatique et s’appuiera sur la TRACC, trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation, qui retient l’hypothèse d’une France hexagonale à +2 °C en 2030, +2,7 °C en 2050 et +4 °C en 2100.  👉 Découvrez la plaquette ici : Objectifs du parcours  Le parcours vise à accompagner les organisations d’un même territoire, dans la construction d’une démarche d’adaptation structurée, progressive et opérationnelle.  Il permettra aux participants de :  4 étapes pour structurer un plan d’action  Le parcours est organisé autour de quatre grandes étapes :  Pour chaque étape, le parcours alterne :  Des focus thématiques pour passer à l’action  En complément de ces quatre étapes, le parcours intégrera pour les adhérents de l’établissement Grand Ouest des focus thématiques sur la ressource en eau, les mobilités et les solutions fondées sur la nature.  Ces séquences permettront d’approfondir les diagnostics territoriaux, d’identifier des vulnérabilités spécifiques et de travailler sur des leviers d’action concrets. Elles auront également vocation à faire émerger des coopérations opérationnelles entre acteurs d’un même territoire ou d’une même chaîne de valeur.  Calendrier du parcours  Étape 1 — Appréhender les changements climatiques et leurs impacts à l’échelle locale  Date : 15 septembre 2026  Matin : session plénière  Cette première étape permettra de poser un socle commun de compréhension des changements climatiques et de leurs impacts socio-économiques à l’échelle locale.  Elle comprendra :  Après-midi : atelier territorial  L’atelier permettra aux participants de s’approprier les indicateurs utiles à leur démarche, de sélectionner les données les plus pertinentes pour leur territoire et d’engager la construction progressive de leur portrait climatique.  Focus thématiques — Eau, nature et mobilités  À la suite de cette première étape, trois focus thématiques seront proposés. Ils permettront d’approfondir certains enjeux clés de l’adaptation et d’affiner les éléments de diagnostic à partir de trois entrées opérationnelles : les mobilités, la ressource en eau et la nature.  Étape 2 — Identifier les vulnérabilités de son territoire et de son organisation  Date : 17 novembre 2026  Matin : session plénière  Cette étape sera consacrée à la notion de vulnérabilité, en croisant l’exposition aux aléas, la sensibilité des territoires et des organisations, et leur capacité d’adaptation.  Elle comprendra :  Après-midi : atelier territorial  L’atelier permettra de travailler sur les vulnérabilités territoriales et organisationnelles, d’identifier les points critiques — infrastructures, ressources, dépendances, continuité d’activité, chaîne d’approvisionnement — et de croiser les enjeux d’exposition, de sensibilité et de capacité d’adaptation.  Étape 3 — Mobiliser les parties prenantes et identifier les modalités de coopération  Date : 19 janvier 2027  Matin : session plénière  Cette session permettra de travailler le rôle des parties prenantes dans les démarches d’adaptation, à la fois comme facteurs potentiels de vulnérabilité et comme leviers de résilience collective.  Elle comprendra :  Après-midi : atelier territorial  L’atelier permettra d’approfondir les analyses avec les équipes territoriales. Pour chaque axe de vulnérabilité identifié, les participants travailleront à la cartographie des parties prenantes concernées et à l’analyse de leur propre vulnérabilité.  Étape 4 — Élaborer sa feuille de route vers un plan d’adaptation  Date : 9 mars 2027 Matin : session plénière  Cette dernière étape méthodologique sera consacrée à la construction de la feuille de route. Elle permettra d’identifier les leviers d’action prioritaires, de les hiérarchiser et de les inscrire dans un plan d’adaptation progressif, réaliste et suivi dans le temps.  Elle comprendra :  Après-midi : atelier territorial  L’atelier sera consacré à la construction et à la consolidation des plans d’action territoriaux et organisationnels.  Focus thématiques — Eau, nature et mobilités  Une seconde séquence de focus thématiques sera proposée après l’étape 4 afin d’approfondir les pistes identifiées, de consolider les actions prioritaires et de nourrir les feuilles de route des participants.  Événement de clôture — Partager et enrichir sa feuille de route  Date : à préciser  Un événement de clôture permettra de partager les feuilles de route, de valoriser les travaux engagés et d’identifier les suites possibles, notamment en matière de coopérations territoriales.  À qui s’adresse ce parcours ?  Ce parcours s’adresse à tous types d’acteurs souhaitant structurer ou renforcer leur démarche d’adaptation aux changements climatiques : élus, agents de collectivités, chefs d’entreprise, responsables RSE, climat, risques, QHSE, responsables techniques, acteurs associatifs, établissements d’enseignement et de recherche.  Il est ouvert aux organisations publiques et privées souhaitant mieux comprendre leurs vulnérabilités, construire une stratégie d’adaptation et identifier des actions concrètes à mettre en œuvre.  Quelques témoignages :  ” Participer à un parcours du Comité 21 donne le contexte favorable à expérimenter. Le prétexte du parcours sur la coopération vous permet d’avancer dans une safe zone pour lancer des coopérations . Pour ma boite en Sarthe c’est trop bien, on va collaborer avec le Conseil Départemental de la Sarthe. Le cadre est structurant, on est dans de bonnes conditions”   Responsable environnement dans une entreprise    « Je repars  avec la conviction que nous partageons tous les mêmes défis. Il est donc essentiel de créer des synergies et d’échanger sur les bonnes pratiques si nous voulons progresser sur nos différentes problématiques. »    Chargé de transition écologique dans une collectivité    « Les ateliers permettent d’avoir une approche terrain. Atterrir et avoir des retours d’expériences des membres du réseau, comparer nos approches et nos enjeux. Effet levier dans la dynamique que l’on peut porter dans nos politiques publiques, aide à ancrer nos politiques publiques. C’est une approche réseau riche, des moments privilégiés. …. Je recommande vivement »   DGS d’une collectivité    Modalités d’inscription  Le parcours est gratuit pour les adhérents du Comité 21.  Il est conseillé de participer à plusieurs acteurs d’un même territoire afin de croiser les regards et de travailler collectivement à l’alignement des stratégies d’adaptation. L’enjeu est d’identifier les leviers de coopération permettant de renforcer

Retour en haut