{"id":7300,"date":"2026-07-29T15:45:44","date_gmt":"2026-07-29T13:45:44","guid":{"rendered":"https:\/\/comite21-groupe.org\/nordouest\/actualite\/faire-de-la-transition-ecologique-un-projet-de-souverainete-concrete\/"},"modified":"2026-07-30T11:55:35","modified_gmt":"2026-07-30T09:55:35","slug":"faire-de-la-transition-ecologique-un-projet-de-souverainete-concrete","status":"publish","type":"actualite","link":"https:\/\/comite21-groupe.org\/nordouest\/actualite\/faire-de-la-transition-ecologique-un-projet-de-souverainete-concrete\/","title":{"rendered":"Faire de la transition \u00e9cologique un projet de souverainet\u00e9 concr\u00e8te"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"341\" src=\"https:\/\/comite21-groupe.org\/nordouest\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/07\/AdobeStock_1947096876-1024x341.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-7301\" style=\"aspect-ratio:3.002939908274862;width:1200px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/comite21-groupe.org\/nordouest\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/07\/AdobeStock_1947096876-1024x341.jpeg 1024w, https:\/\/comite21-groupe.org\/nordouest\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/07\/AdobeStock_1947096876-300x100.jpeg 300w, https:\/\/comite21-groupe.org\/nordouest\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/07\/AdobeStock_1947096876-768x256.jpeg 768w, https:\/\/comite21-groupe.org\/nordouest\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/07\/AdobeStock_1947096876.jpeg 1500w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Cet article d\u2019Antoine Pellion est issu du s\u00e9minaire \u00ab&nbsp;La souverainet\u00e9, levier de relance de la transition \u00e9cologique&nbsp;\u00bb, organis\u00e9 par le Comit\u00e9 21 le 21 mai 2026. Ce s\u00e9minaire est l\u2019un des six d\u00e9di\u00e9s aux enjeux de souverainet\u00e9 mises en place en 2025 et 2026 par la Caisse des D\u00e9p\u00f4ts et plusieurs partenaires think tanks, dont le Comit\u00e9 21.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.caissedesdepots.fr\/eclairage\/blog\/articles\/faire-de-la-transition-ecologique-un-projet-de-souverainete-concrete\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"\">Retrouver l\u2019article original ici<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>&#8212;-<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un monde plus instable et plus contraint, la transition \u00e9cologique peut devenir l\u2019un des principaux moyens de r\u00e9duire nos vuln\u00e9rabilit\u00e9s. Encore faut-il la planifier, la financer et la construire avec celles et ceux qui auront \u00e0 la mettre en \u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pourquoi la transition \u00e9cologique&nbsp;&nbsp;se cherche un nouveau souffle<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>La souverainet\u00e9 comme nouveau cadre de lecture<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>La transition \u00e9cologique traverse un moment singulier. Elle reste indispensable, mais elle para\u00eet moins assur\u00e9e dans le d\u00e9bat public. Certaines mesures sont contest\u00e9es, les investissements ralentissent. On parle volontiers de fatigue, de reflux, parfois m\u00eame de rejet ou de&nbsp;<em>backlash<\/em>. Cette lecture me para\u00eet trop simpliste.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui est en cause n\u2019est pas tant l\u2019id\u00e9e m\u00eame de transition que la mani\u00e8re dont elle est racont\u00e9e, organis\u00e9e et financ\u00e9e. Beaucoup de nos concitoyens per\u00e7oivent bien la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019agir. Ils voient les effets du changement climatique, les tensions sur l\u2019\u00e9nergie, les fragilit\u00e9s industrielles, les difficult\u00e9s agricoles, les conflits d\u2019usage autour de l\u2019eau ou des sols. Mais ils attendent aussi que cette transformation soit lisible, juste, progressive et utile dans leur vie quotidienne.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte, la souverainet\u00e9 peut offrir un cadre utile. \u00c0 condition de ne pas en faire un mot de repli. La souverainet\u00e9 dont nous avons besoin n\u2019est pas l\u2019illusion de pouvoir tout produire seuls, ni la tentation de fermer les fronti\u00e8res. Elle renvoie plut\u00f4t \u00e0 une capacit\u00e9 collective : mieux comprendre ce dont nous d\u00e9pendons, r\u00e9duire les vuln\u00e9rabilit\u00e9s les plus critiques, organiser nos ressources, prot\u00e9ger nos infrastructures et retrouver des marges de man\u0153uvre. Vue ainsi, la transition \u00e9cologique n\u2019appara\u00eet plus comme une contrainte ext\u00e9rieure, mais devient une mani\u00e8re tr\u00e8s concr\u00e8te de reprendre prise sur nos conditions mat\u00e9rielles de vie.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Repartir des d\u00e9pendances r\u00e9elles<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>La France et l\u2019Europe se sont d\u00e9velopp\u00e9es dans un monde o\u00f9 l\u2019acc\u00e8s aux ressources paraissait relativement stable. Les \u00e9nergies fossiles \u00e9taient import\u00e9es en grandes quantit\u00e9s, les mati\u00e8res premi\u00e8res circulaient, les cha\u00eenes de valeur mondialis\u00e9es permettaient de produire loin, puis de consommer ici. Ce mod\u00e8le a longtemps donn\u00e9 le sentiment d\u2019une efficacit\u00e9 \u00e9conomique. Mais Il a aussi install\u00e9 des d\u00e9pendances profondes, que les crises r\u00e9centes ont rendues visibles, ainsi que nos vuln\u00e9rabilit\u00e9s. L\u2019\u00e9nergie, les mati\u00e8res critiques, les intrants agricoles, certains composants industriels ou les capacit\u00e9s de transformation ne sont pas de simples variables \u00e9conomiques. Ils conditionnent notre capacit\u00e9 \u00e0 produire, nous chauffer, nous d\u00e9placer, nous nourrir, investir et prot\u00e9ger les territoires.<\/p>\n\n\n\n<p>La transition \u00e9cologique touche directement \u00e0 ces sujets. Moins d\u00e9pendre des \u00e9nergies fossiles, mieux utiliser les ressources, pr\u00e9server les sols, recycler davantage, diversifier certaines productions, d\u00e9velopper des infrastructures bas-carbone : ces actions rel\u00e8vent de l\u2019\u00e9cologie, mais elles r\u00e9pondent aussi \u00e0 des enjeux tr\u00e8s concrets d\u2019autonomie et de r\u00e9silience. Nous ne pourrons pas supprimer toutes les interd\u00e9pendances. Ce ne serait ni r\u00e9aliste ni souhaitable, mais nous devons mieux choisir celles que nous acceptons, celles que nous devons s\u00e9curiser, et limiter celles qui nous exposent trop fortement.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Changer de paradigme :&nbsp;&nbsp;de l\u2019injonction au projet collectif<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Sortir de l\u2019\u00e9cologie v\u00e9cue comme injonction<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>La transition est souvent pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 travers les gestes individuels. Ces gestes comptent, mais ne suffisent pas \u00e0 faire une politique de transition. On ne change pas durablement les comportements si les conditions mat\u00e9rielles ne suivent pas, ou si elles ne s\u2019inscrivent pas dans un cadre de politique de transition plus large et accept\u00e9e, et c\u2019est un pilier essentiel des transformations \u00e0 venir.&nbsp;La transition devient en effet plus acceptable lorsqu\u2019elle transforme l\u2019environnement dans lequel les choix se font : infrastructures, prix, acc\u00e8s aux services, organisation des fili\u00e8res, commande publique, fiscalit\u00e9, accompagnement local.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Faire appara\u00eetre les b\u00e9n\u00e9fices imm\u00e9diats<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Le climat reste \u00e9videmment la raison majeure d\u2019agir. Mais il est souvent per\u00e7u comme un horizon global, parfois lointain, face auquel les individus se sentent impuissants. La transition doit aussi \u00eatre reli\u00e9e \u00e0 des b\u00e9n\u00e9fices plus proches dont la sant\u00e9 publique est l\u2019un des plus importants. Respirer un air moins pollu\u00e9, mieux manger, prot\u00e9ger les enfants, vivre dans des logements mieux isol\u00e9s, supporter les \u00e9pisodes de chaleur : ce sont des pr\u00e9occupations quotidiennes. Elles donnent \u00e0 la transition un contenu beaucoup plus tangible.<\/p>\n\n\n\n<p>Une r\u00e9novation thermique r\u00e9duit les \u00e9missions, mais elle am\u00e9liore aussi le confort, la sant\u00e9 et les factures. Une agriculture moins d\u00e9pendante de certains intrants prot\u00e8ge les sols, mais elle peut aussi r\u00e9pondre \u00e0 des pr\u00e9occupations alimentaires et sanitaires. Des mobilit\u00e9s moins polluantes am\u00e9liorent le climat, mais elles r\u00e9duisent aussi le bruit, la congestion et les maladies li\u00e9es \u00e0 la pollution de l\u2019air. Ces co-b\u00e9n\u00e9fices ne sont pas secondaires. Ils peuvent devenir des moteurs d\u2019adh\u00e9sion, parce qu\u2019ils donnent \u00e0 voir ce que la transition apporte ici et maintenant.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les ressources naturelles&nbsp;&nbsp;comme enjeux strat\u00e9giques<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Consid\u00e9rer les sols, l\u2019eau et la biomasse comme des ressources strat\u00e9giques<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Nous parlons souvent de souverainet\u00e9 \u00e0 propos de l\u2019\u00e9nergie, de l\u2019industrie ou du num\u00e9rique. Nous devrions le faire tout autant \u00e0 propos des sols, de l\u2019eau, de la biomasse et des ressources vivantes. La qualit\u00e9 des sols conditionne notre capacit\u00e9 \u00e0 produire demain. La pr\u00e9servation de la ressource en eau \u00e9galement. Les conflits d\u2019usage se multiplient entre agriculture, industrie, \u00e9nergie, usages domestiques et pr\u00e9servation des milieux et ils vont probablement s\u2019intensifier. La biomasse soul\u00e8ve le m\u00eame type de difficult\u00e9. Elle peut servir \u00e0 l\u2019alimentation, aux mat\u00e9riaux, \u00e0 l\u2019\u00e9nergie, \u00e0 la chimie, \u00e0 la fertilisation, \u00e0 la d\u00e9carbonation de plusieurs secteurs, mais elle n\u2019est pas infinie. Si chaque fili\u00e8re construit sa strat\u00e9gie comme si elle disposait seule de la ressource, nous cr\u00e9erons rapidement des contradictions.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces sujets demandent ainsi une planification plus explicite. Cela supposera d\u2019identifier quels usages sont prioritaires, quelles ressources doivent \u00eatre pr\u00e9serv\u00e9es, quelles infrastructures doivent \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9es, et pour cela, les compromis acceptables. Ce sont des choix collectifs et politiques, localement et \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Donner une dimension industrielle \u00e0 l\u2019\u00e9conomie circulaire<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9conomie circulaire b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un accord de principe tr\u00e8s large, pourtant, la mise en \u0153uvre reste difficile, parce qu\u2019elle pose des questions de viabilit\u00e9 \u00e9conomique. La r\u00e9paration en donne une illustration simple. Pour r\u00e9parer, il faut des produits r\u00e9parables, des pi\u00e8ces disponibles, des r\u00e9parateurs form\u00e9s, des locaux accessibles, des prix coh\u00e9rents, des consommateurs inform\u00e9s. Il faut des fili\u00e8res organis\u00e9es, des d\u00e9bouch\u00e9s, des normes, des capacit\u00e9s industrielles, une logistique. La circularit\u00e9 ne peut donc pas \u00eatre seulement une affaire de comportement, mais rel\u00e8ve aussi d\u2019une politique industrielle, territoriale et de formation. Elle oblige \u00e9galement \u00e0 regarder les effets de transition. Des m\u00e9tiers seront \u00e0 construire et des am\u00e9nagements \u00e0 pr\u00e9voir.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les conditions politiques&nbsp;&nbsp;du passage \u00e0 l\u2019action<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Planifier sans donner le sentiment de brutaliser<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>La transition demande de la rapidit\u00e9, mais elle ne peut pas \u00eatre v\u00e9cue comme une succession d\u2019injonctions imm\u00e9diates. On ne transforme pas en quelques mois un parc automobile, des b\u00e2timents, des infrastructures industrielles, des pratiques agricoles ou des cha\u00eenes d\u2019approvisionnement. La progressivit\u00e9 est donc essentielle. Elle ne signifie pas ralentir l\u2019ambition. Elle permet au contraire de rendre l\u2019ambition cr\u00e9dible. Les m\u00e9nages, les entreprises, les collectivit\u00e9s et les fili\u00e8res ont besoin de visibilit\u00e9 : savoir ce qui va changer, \u00e0 quel rythme, avec quels outils, quels financements, quelles obligations et quels accompagnements.<\/p>\n\n\n\n<p>La planification \u00e9cologique devrait servir \u00e0 cela. Elle doit \u00e9viter les \u00e0-coups, les messages contradictoires, les changements de cap trop fr\u00e9quents. Elle doit aussi rendre les efforts plus compr\u00e9hensibles. Une transformation progressive mais certaine est souvent plus efficace qu\u2019une annonce brutale, suivie de reculades. Il faut planifier pour arbitrer.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Faire des territoires le lieu principal du passage \u00e0 l\u2019action<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Les territoires sont l\u2019\u00e9chelle o\u00f9 la transition devient r\u00e9elle&nbsp;: r\u00e9novation des b\u00e2timents, installation des infrastructures, mobilit\u00e9, ressources \u2026. C\u2019est aussi \u00e0&nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;cette \u00e9chelle que les clivages politiques se r\u00e9duisent, car on parle de projets concrets au b\u00e9n\u00e9fice des territoires.&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp;.&nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les collectivit\u00e9s ont ici un r\u00f4le majeur \u00e0 jouer. Elles connaissent les contraintes du terrain, les acteurs \u00e9conomiques, les attentes sociales, les ressources disponibles. Elles peuvent rendre la transition plus concr\u00e8te et plus d\u00e9mocratique, \u00e0 condition d\u2019\u00eatre accompagn\u00e9es en ing\u00e9nierie, en financement et en m\u00e9thode.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Financer des infrastructures de long terme<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>La transition \u00e9cologique repose sur des infrastructures lourdes : r\u00e9seaux \u00e9nerg\u00e9tiques, chaleur renouvelable, r\u00e9novation des b\u00e2timents, mobilit\u00e9s, recyclage, r\u00e9paration, adaptation au changement climatique, capacit\u00e9s de transformation agricole ou industrielle. Ces infrastructures s\u2019inscrivent dans le temps long et leur financement n\u00e9cessitent des mod\u00e8les \u00e9conomiques stables et une r\u00e9partition claire des risques entre les acteurs. L\u2019enjeu le plus structurant des prochaines ann\u00e9es, c\u2019est de r\u00e9ussir \u00e0 financer ces infrastructures d\u00e9risqu\u00e9es \u00e0 un taux \u201cvert\u201d le plus bas possible.&nbsp;&nbsp; &nbsp; L\u2019investissement de long terme, l\u2019association entre acteurs publics et priv\u00e9s, la capacit\u00e9 \u00e0 s\u00e9curiser les projets et \u00e0 accompagner les territoires seront d\u00e9terminants.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Retrouver un r\u00e9cit collectif&nbsp;<\/h2>\n\n\n\n<p>La transition \u00e9cologique a besoin d\u2019un r\u00e9cit solide. Elle ne peut pas \u00eatre uniquement pr\u00e9sent\u00e9e comme une r\u00e9ponse \u00e0 une contrainte ext\u00e9rieure ou comme une s\u00e9rie d\u2019efforts demand\u00e9s aux individus. Elle doit redevenir un projet collectif : prot\u00e9ger la sant\u00e9, pr\u00e9server les ressources, r\u00e9duire les d\u00e9pendances, renforcer les territoires, pr\u00e9parer l\u2019\u00e9conomie de demain.<\/p>\n\n\n\n<p>La souverainet\u00e9 peut aider \u00e0 construire ce r\u00e9cit. Elle permet de parler d\u2019\u00e9nergie, d\u2019alimentation, de mati\u00e8res, d\u2019eau, de sols, d\u2019infrastructures, de comp\u00e9tences et de territoires dans un m\u00eame cadre. Elle rappelle que l\u2019\u00e9cologie n\u2019est pas s\u00e9par\u00e9e des conditions mat\u00e9rielles de notre autonomie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><em>\u00ab&nbsp;On a des solutions et, en agissant tous ensemble, on doit y arriver. La fiert\u00e9 peut \u00eatre un levier de mobilisation g\u00e9n\u00e9rale.&nbsp;\u00bb<\/em><\/h4>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet article d\u2019Antoine Pellion est issu du s\u00e9minaire \u00ab&nbsp;La souverainet\u00e9, levier de relance de la transition \u00e9cologique&nbsp;\u00bb, organis\u00e9 par le Comit\u00e9 21 le 21 mai 2026. Ce s\u00e9minaire est l\u2019un des six d\u00e9di\u00e9s aux enjeux de souverainet\u00e9 mises en place en 2025 et 2026 par la Caisse des D\u00e9p\u00f4ts et plusieurs partenaires think tanks, dont le Comit\u00e9 21.&nbsp; Retrouver l\u2019article original ici &#8212;- Dans un monde plus instable et plus contraint, la transition \u00e9cologique peut devenir l\u2019un des principaux moyens de r\u00e9duire nos vuln\u00e9rabilit\u00e9s. Encore faut-il la planifier, la financer et la construire avec celles et ceux qui auront \u00e0 la mettre en \u0153uvre. Pourquoi la transition \u00e9cologique&nbsp;&nbsp;se cherche un nouveau souffle La souverainet\u00e9 comme nouveau cadre de lecture La transition \u00e9cologique traverse un moment singulier. Elle reste indispensable, mais elle para\u00eet moins assur\u00e9e dans le d\u00e9bat public. Certaines mesures sont contest\u00e9es, les investissements ralentissent. On parle volontiers de fatigue, de reflux, parfois m\u00eame de rejet ou de&nbsp;backlash. Cette lecture me para\u00eet trop simpliste. Ce qui est en cause n\u2019est pas tant l\u2019id\u00e9e m\u00eame de transition que la mani\u00e8re dont elle est racont\u00e9e, organis\u00e9e et financ\u00e9e. Beaucoup de nos concitoyens per\u00e7oivent bien la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019agir. Ils voient les effets du changement climatique, les tensions sur l\u2019\u00e9nergie, les fragilit\u00e9s industrielles, les difficult\u00e9s agricoles, les conflits d\u2019usage autour de l\u2019eau ou des sols. Mais ils attendent aussi que cette transformation soit lisible, juste, progressive et utile dans leur vie quotidienne. Dans ce contexte, la souverainet\u00e9 peut offrir un cadre utile. \u00c0 condition de ne pas en faire un mot de repli. La souverainet\u00e9 dont nous avons besoin n\u2019est pas l\u2019illusion de pouvoir tout produire seuls, ni la tentation de fermer les fronti\u00e8res. Elle renvoie plut\u00f4t \u00e0 une capacit\u00e9 collective : mieux comprendre ce dont nous d\u00e9pendons, r\u00e9duire les vuln\u00e9rabilit\u00e9s les plus critiques, organiser nos ressources, prot\u00e9ger nos infrastructures et retrouver des marges de man\u0153uvre. Vue ainsi, la transition \u00e9cologique n\u2019appara\u00eet plus comme une contrainte ext\u00e9rieure, mais devient une mani\u00e8re tr\u00e8s concr\u00e8te de reprendre prise sur nos conditions mat\u00e9rielles de vie. Repartir des d\u00e9pendances r\u00e9elles La France et l\u2019Europe se sont d\u00e9velopp\u00e9es dans un monde o\u00f9 l\u2019acc\u00e8s aux ressources paraissait relativement stable. Les \u00e9nergies fossiles \u00e9taient import\u00e9es en grandes quantit\u00e9s, les mati\u00e8res premi\u00e8res circulaient, les cha\u00eenes de valeur mondialis\u00e9es permettaient de produire loin, puis de consommer ici. Ce mod\u00e8le a longtemps donn\u00e9 le sentiment d\u2019une efficacit\u00e9 \u00e9conomique. Mais Il a aussi install\u00e9 des d\u00e9pendances profondes, que les crises r\u00e9centes ont rendues visibles, ainsi que nos vuln\u00e9rabilit\u00e9s. L\u2019\u00e9nergie, les mati\u00e8res critiques, les intrants agricoles, certains composants industriels ou les capacit\u00e9s de transformation ne sont pas de simples variables \u00e9conomiques. Ils conditionnent notre capacit\u00e9 \u00e0 produire, nous chauffer, nous d\u00e9placer, nous nourrir, investir et prot\u00e9ger les territoires. La transition \u00e9cologique touche directement \u00e0 ces sujets. Moins d\u00e9pendre des \u00e9nergies fossiles, mieux utiliser les ressources, pr\u00e9server les sols, recycler davantage, diversifier certaines productions, d\u00e9velopper des infrastructures bas-carbone : ces actions rel\u00e8vent de l\u2019\u00e9cologie, mais elles r\u00e9pondent aussi \u00e0 des enjeux tr\u00e8s concrets d\u2019autonomie et de r\u00e9silience. Nous ne pourrons pas supprimer toutes les interd\u00e9pendances. Ce ne serait ni r\u00e9aliste ni souhaitable, mais nous devons mieux choisir celles que nous acceptons, celles que nous devons s\u00e9curiser, et limiter celles qui nous exposent trop fortement. Changer de paradigme :&nbsp;&nbsp;de l\u2019injonction au projet collectif Sortir de l\u2019\u00e9cologie v\u00e9cue comme injonction La transition est souvent pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 travers les gestes individuels. Ces gestes comptent, mais ne suffisent pas \u00e0 faire une politique de transition. On ne change pas durablement les comportements si les conditions mat\u00e9rielles ne suivent pas, ou si elles ne s\u2019inscrivent pas dans un cadre de politique de transition plus large et accept\u00e9e, et c\u2019est un pilier essentiel des transformations \u00e0 venir.&nbsp;La transition devient en effet plus acceptable lorsqu\u2019elle transforme l\u2019environnement dans lequel les choix se font : infrastructures, prix, acc\u00e8s aux services, organisation des fili\u00e8res, commande publique, fiscalit\u00e9, accompagnement local. Faire appara\u00eetre les b\u00e9n\u00e9fices imm\u00e9diats Le climat reste \u00e9videmment la raison majeure d\u2019agir. Mais il est souvent per\u00e7u comme un horizon global, parfois lointain, face auquel les individus se sentent impuissants. La transition doit aussi \u00eatre reli\u00e9e \u00e0 des b\u00e9n\u00e9fices plus proches dont la sant\u00e9 publique est l\u2019un des plus importants. Respirer un air moins pollu\u00e9, mieux manger, prot\u00e9ger les enfants, vivre dans des logements mieux isol\u00e9s, supporter les \u00e9pisodes de chaleur : ce sont des pr\u00e9occupations quotidiennes. Elles donnent \u00e0 la transition un contenu beaucoup plus tangible. Une r\u00e9novation thermique r\u00e9duit les \u00e9missions, mais elle am\u00e9liore aussi le confort, la sant\u00e9 et les factures. Une agriculture moins d\u00e9pendante de certains intrants prot\u00e8ge les sols, mais elle peut aussi r\u00e9pondre \u00e0 des pr\u00e9occupations alimentaires et sanitaires. Des mobilit\u00e9s moins polluantes am\u00e9liorent le climat, mais elles r\u00e9duisent aussi le bruit, la congestion et les maladies li\u00e9es \u00e0 la pollution de l\u2019air. Ces co-b\u00e9n\u00e9fices ne sont pas secondaires. Ils peuvent devenir des moteurs d\u2019adh\u00e9sion, parce qu\u2019ils donnent \u00e0 voir ce que la transition apporte ici et maintenant. Les ressources naturelles&nbsp;&nbsp;comme enjeux strat\u00e9giques Consid\u00e9rer les sols, l\u2019eau et la biomasse comme des ressources strat\u00e9giques Nous parlons souvent de souverainet\u00e9 \u00e0 propos de l\u2019\u00e9nergie, de l\u2019industrie ou du num\u00e9rique. Nous devrions le faire tout autant \u00e0 propos des sols, de l\u2019eau, de la biomasse et des ressources vivantes. La qualit\u00e9 des sols conditionne notre capacit\u00e9 \u00e0 produire demain. La pr\u00e9servation de la ressource en eau \u00e9galement. Les conflits d\u2019usage se multiplient entre agriculture, industrie, \u00e9nergie, usages domestiques et pr\u00e9servation des milieux et ils vont probablement s\u2019intensifier. La biomasse soul\u00e8ve le m\u00eame type de difficult\u00e9. Elle peut servir \u00e0 l\u2019alimentation, aux mat\u00e9riaux, \u00e0 l\u2019\u00e9nergie, \u00e0 la chimie, \u00e0 la fertilisation, \u00e0 la d\u00e9carbonation de plusieurs secteurs, mais elle n\u2019est pas infinie. Si chaque fili\u00e8re construit sa strat\u00e9gie comme si elle disposait seule de la ressource, nous cr\u00e9erons rapidement des contradictions. Ces sujets demandent ainsi une planification plus explicite. Cela supposera d\u2019identifier quels usages sont prioritaires, quelles ressources doivent \u00eatre pr\u00e9serv\u00e9es, quelles infrastructures doivent \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9es, et pour cela, les compromis acceptables. Ce sont des choix collectifs et politiques, localement et \u00e0<\/p>\n","protected":false},"featured_media":7301,"template":"","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}}},"etablissement":[22,11,17,23,39,24],"regions":[],"class_list":["post-7300","actualite","type-actualite","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","etablissement-est","etablissement-grand-ouest","etablissement-national","etablissement-nord-ouest","etablissement-regional","etablissement-sud-est"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/comite21-groupe.org\/nordouest\/wp-json\/wp\/v2\/actualite\/7300","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/comite21-groupe.org\/nordouest\/wp-json\/wp\/v2\/actualite"}],"about":[{"href":"https:\/\/comite21-groupe.org\/nordouest\/wp-json\/wp\/v2\/types\/actualite"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/comite21-groupe.org\/nordouest\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7301"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/comite21-groupe.org\/nordouest\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7300"}],"wp:term":[{"taxonomy":"etablissement","embeddable":true,"href":"https:\/\/comite21-groupe.org\/nordouest\/wp-json\/wp\/v2\/etablissement?post=7300"},{"taxonomy":"regions","embeddable":true,"href":"https:\/\/comite21-groupe.org\/nordouest\/wp-json\/wp\/v2\/regions?post=7300"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}