Régional
Planification écologique : où en est réellement la France ?
Le Secrétariat général à la planification écologique (SGPE) a mis en ligne le 18 juin dernier une nouvelle version de son Baromètre de la planification écologique, un outil inédit destiné à suivre l’avancement des principaux objectifs environnementaux fixés par la France. À travers près de 250 indicateurs issus des grandes stratégies nationales – Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), loi Agec, plan Eau, stratégie biodiversité ou encore politiques de lutte contre les pollutions – ce tableau de bord offre une photographie précieuse de l’état d’avancement des transitions engagées. L’initiative mérite d’être saluée. Dans un domaine où les objectifs sont nombreux et parfois difficiles à appréhender, le baromètre apporte davantage de transparence et permet de suivre, de manière accessible, l’écart entre les trajectoires actuelles et les engagements pris par la France. Il constitue également un outil utile pour les collectivités, les entreprises, les associations et l’ensemble des acteurs engagés dans la transition écologique. Mais au-delà de l’exercice de transparence, les résultats appellent à la vigilance. Le constat dressé par le SGPE est sans ambiguïté : la France progresse sur certains sujets, mais reste en retard sur plusieurs objectifs structurants. Comme le reconnaissent les concepteurs du baromètre eux-mêmes, « on est rarement en avance sur nos engagements ». Parmi les principaux points de vigilance figure la lutte contre l’artificialisation des sols. Malgré l’objectif de réduction progressive de la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers, les trajectoires actuelles restent insuffisantes pour atteindre les ambitions fixées. Or la préservation des sols constitue un enjeu majeur à la fois pour la biodiversité, la ressource en eau, la souveraineté alimentaire et l’adaptation aux changements climatiques. La situation est également préoccupante concernant la qualité de l’eau. Une part importante des masses d’eau françaises demeure éloignée du bon état écologique fixé par les directives européennes. Les pressions liées aux pollutions diffuses, aux prélèvements et aux évolutions climatiques continuent de peser lourdement sur les milieux aquatiques. Le baromètre met aussi en évidence les difficultés rencontrées dans la réduction des déchets ménagers. Malgré les progrès réalisés en matière de tri, de recyclage et d’économie circulaire, les volumes produits restent trop élevés pour respecter les trajectoires prévues par la loi Agec. Les indicateurs relatifs à la qualité de l’air soulignent également des écarts importants avec les objectifs à atteindre à l’horizon 2030. Les nouveaux seuils européens imposeront des efforts significatifs pour réduire certaines émissions polluantes responsables de nombreux impacts sanitaires. Plus globalement, le baromètre confirme que les enjeux de biodiversité, de ressources naturelles et de réduction des pollutions demeurent parmi les plus difficiles à traiter. Ces sujets nécessitent souvent des transformations profondes des modèles économiques, agricoles, industriels ou d’aménagement. L’un des enseignements les plus marquants de cet exercice concerne toutefois l’adaptation aux changements climatiques. Alors même que la France s’est dotée d’un troisième Plan national d’adaptation au changement climatique et que les impacts du réchauffement deviennent chaque année plus visibles, le baromètre ne dispose pas encore d’indicateurs suffisamment robustes pour mesurer les progrès réalisés dans ce domaine. Plusieurs travaux sont en cours, mais l’absence actuelle d’indicateurs opérationnels illustre la difficulté persistante à évaluer concrètement la résilience des territoires, des infrastructures ou des populations face aux risques climatiques. Cette situation interroge. Car si les émissions de gaz à effet de serre, la consommation énergétique ou les volumes de déchets peuvent être relativement bien mesurés, l’adaptation reste souvent plus difficile à objectiver. Comment mesurer la résilience d’un territoire face aux canicules ? La capacité d’une collectivité à gérer une crise liée à l’eau ? L’évolution de la vulnérabilité des populations ? Ces questions deviennent pourtant centrales à mesure que les effets des changements climatiques s’intensifient. Pour le Comité 21, ce nouveau baromètre confirme l’importance d’articuler davantage les politiques nationales et les dynamiques territoriales. Les trajectoires environnementales ne pourront être atteintes sans une mobilisation renforcée des collectivités, des entreprises, des associations et des citoyens. Les Conférences régionales de la planification écologique ont constitué une première étape importante, mais leur traduction opérationnelle reste désormais l’enjeu principal. Au-delà des chiffres, le baromètre rappelle surtout que la transition écologique est un exercice de long terme qui exige de la cohérence, de la continuité et de la capacité à mesurer objectivement les progrès réalisés. Il montre également que les défis restent considérables et que les prochaines années seront déterminantes pour respecter les engagements climatiques, environnementaux et de préservation des ressources que la France s’est fixés. Car si mesurer les écarts est indispensable, la véritable question demeure : comment accélérer suffisamment pour les réduire ? En savoir +
Actualités nationales : Webinaire sobriété hydrique
Webinaire thématique #3 : Sobriété hydrique à l’échelle territoriale : des contraintes des industriels aux nécessaires coopérations territoriales Face à l’intensification des épisodes de sécheresse, aux tensions croissantes sur la ressource en eau et au renforcement des exigences réglementaires, la sobriété hydrique s’impose comme un enjeu majeur pour les territoires. Si les industriels sont parmi les premiers concernés par ces contraintes, la préservation de la ressource ne peut se concevoir qu’à l’échelle territoriale, en mobilisant l’ensemble des acteurs autour de stratégies collectives. Ce webinaire proposera d’explorer les enjeux de la sobriété hydrique en partant des contraintes physiques et réglementaires qui s’imposent aux industriels, pour montrer comment celles-ci conduisent à renforcer les coopérations entre entreprises, collectivités et acteurs du territoire. À cette occasion, Elodie Singlande, fondatrice d’EauRhéa, apportera un éclairage sur les évolutions réglementaires récentes et partagera des exemples concrets de démarches de sobriété hydrique mises en œuvre par les entreprises. Emmanuel Soyeux (Veolia) complétera cette approche par son retour d’expérience et illustrera les leviers ainsi que les conditions de réussite des démarches de coopération territoriale autour de la ressource en eau. La séance s’ouvrira par une revue des principales actualités de la transition écologique, avec un décryptage des évolutions récentes en matière de climat, de ressources et de vivant. 🎙️Intervenants : Elodie SINGLANDE, Fondatrice EauRhéa, experte eau & RSE associée au Comité 21 Emmanuel SOYEUX, Senior Water & Environment Specialist, Veolia Olivier BRUNNER, Agence de l’eau Loire Bretagne 📅 24 septembre 2026 | 11:30 – 13:00 Lien d’inscription
Centre-Val de Loire : repenser l’habitabilité des territoires face aux transitions
Comment continuer à habiter durablement les territoires dans un contexte de changements climatiques, d’évolutions démographiques et de transformations sociales profondes ? C’est à cette question que la Région Centre-Val de Loire souhaite répondre à travers sa nouvelle démarche « Habiter le Centre-Val de Loire – Repenser le jardin de la France », officiellement lancée le 12 juin à Orléans. Cette initiative part d’un constat simple : les modèles d’aménagement hérités du passé ne suffisent plus à répondre aux défis actuels. Les territoires doivent désormais composer avec des épisodes de chaleur plus intenses, des tensions croissantes sur l’eau, des risques d’inondation, des besoins en logement, des mobilités à transformer, des services publics à maintenir et des équilibres à préserver entre espaces ruraux, villes moyennes et centralités urbaines. La notion d’habitabilité permet précisément de poser ces questions ensemble. Elle ne se limite pas au logement ou à l’urbanisme. Elle interroge les conditions concrètes qui permettent à un territoire de rester vivable, accueillant, résilient et désirable : accès à l’eau, qualité des sols, présence de nature, confort d’été, proximité des services, mobilités du quotidien, cohésion sociale, capacité d’adaptation des équipements et qualité du cadre de vie. Avec cette démarche, la Région souhaite construire une vision partagée de l’avenir régional, en associant largement collectivités, élus locaux, architectes, urbanistes, aménageurs, chercheurs, acteurs économiques, culturels et citoyens. L’objectif est de dépasser une approche strictement technique ou réglementaire de l’aménagement pour ouvrir un débat plus large : comment voulons-nous habiter le Centre-Val de Loire demain ? La démarche se veut aussi très opérationnelle. Un appel sera lancé pour identifier des projets locaux cohérents avec cette nouvelle manière d’habiter le territoire. Ces projets pourront être accompagnés par la Région dans le cadre d’un dispositif d’accélération, avec une enveloppe de 500 000 euros issue du Feder. L’enjeu sera de soutenir des démonstrateurs concrets, observables et évaluables, capables d’inspirer d’autres territoires. L’accompagnement des élus locaux constitue un autre axe central. Parce qu’ils sont en première ligne dans les choix d’aménagement, les élus doivent pouvoir disposer de repères, d’outils et d’exemples pour faire évoluer leurs projets. La Région entend s’appuyer notamment sur ses contrats d’aménagement avec les collectivités, qui représentent 400 millions d’euros sur six ans, afin d’intégrer plus fortement les enjeux climatiques, sociaux et territoriaux dans les décisions d’investissement. La démarche accordera également une place importante aux ateliers territoriaux. Ces temps de travail permettront de faire dialoguer des acteurs qui ne se rencontrent pas toujours : élus, techniciens, habitants, professionnels de l’aménagement, artistes, architectes, associations ou acteurs économiques. Cette méthode est essentielle, car l’habitabilité d’un territoire ne peut être pensée depuis un seul point de vue. Elle suppose de croiser les usages, les besoins, les contraintes et les imaginaires. L’initiative s’appuie aussi sur la culture et l’architecture comme leviers de projection collective. L’exposition « Living with – Faire avec », présentée au Frac d’Orléans, montre comment l’architecture peut aider à penser des manières d’habiter avec l’existant, avec la nature, avec les vulnérabilités ou encore avec les territoires abîmés. Elle rappelle que les transitions ne relèvent pas seulement de normes ou d’investissements, mais aussi de notre capacité à imaginer d’autres futurs possibles. Cette dimension est particulièrement importante. Pour transformer les territoires, il ne suffit pas d’aligner des objectifs. Il faut aussi construire un récit commun, donner à voir des solutions, rendre désirables des changements parfois perçus comme contraignants. En ce sens, l’imaginaire devient une ressource pour l’action publique. Les cinq piliers de la démarche résument bien cette ambition : anticiper plutôt que subir ; mettre les élus au cœur de la fabrique territoriale ; expérimenter sur le terrain ; mobiliser la créativité et la culture ; construire un récit régional partagé. Ils traduisent une volonté de faire de l’aménagement un levier de transformation, et non une simple réponse aux contraintes. Cette approche rejoint pleinement les convictions du Comité 21. Les transitions écologiques, sociales et économiques ne peuvent réussir que si elles sont territorialisées, appropriées par les acteurs locaux et construites dans la coopération. Les enjeux de sobriété foncière, d’adaptation aux changements climatiques, de protection du vivant, de santé, de mobilité ou de logement doivent désormais être pensés ensemble, à l’échelle des bassins de vie. Le Comité 21 accompagne précisément ces dynamiques en créant des espaces de dialogue entre collectivités, entreprises, associations, chercheurs et citoyens. Son rôle est de faciliter le passage de la prise de conscience à l’action, en aidant les territoires à identifier leurs vulnérabilités, à partager les connaissances, à structurer des coopérations et à faire émerger des solutions adaptées aux réalités locales. L’initiative lancée en Centre-Val de Loire illustre ainsi une évolution majeure des politiques territoriales. Il ne s’agit plus seulement de planifier le développement, mais de garantir la capacité des territoires à rester habitables dans un monde en transformation rapide. Cette question deviendra centrale dans les années à venir, car elle conditionne directement la résilience des territoires, la qualité de vie des habitants et la cohésion sociale. Repenser l’habitabilité, c’est finalement poser une question simple mais décisive : comment continuer à vivre ici, demain, dans de bonnes conditions ? C’est à partir de cette question que peuvent se construire des politiques publiques plus justes, plus sobres et plus adaptées aux défis du siècle.
Nouveaux mandats : une journée pour passer à l’action en Normandie
Les transitions écologiques, sociales et économiques s’invitent désormais au cœur des décisions locales. Aménagement, logement, mobilités, énergie, adaptation aux changements climatiques, maîtrise des dépenses publiques ou encore attractivité territoriale : les élus et les services des collectivités sont aujourd’hui confrontés à des arbitrages de plus en plus complexes, dans un contexte marqué par de fortes incertitudes et des contraintes budgétaires accrues. Comment affiner votre feuille de route et préparer vos arbitrages ? Comment embarquer votre collectif autour d’une trajectoire plus durable ? Comment répondre aux besoins de votre territoire (habitat, activités, services, mobilités, énergie…) tout en tenant compte des enjeux environnementaux ? Comment garantir la pérennité de vos projets et de vos investissements ? Pour accompagner les collectivités dans ces réflexions, le Comité 21 participera à l’étape normande de la tournée nationale dédiée aux nouveaux mandats locaux, organisée le 10 juin 2026 à Caen, dans l’hémicycle de la Communauté urbaine Caen la mer. Cette rencontre est coorganisée avec France Villes et territoires Durables, France urbaine, Association des directeurs généraux des communautés de France, Efficacity, Association des ingénieurs et ingénieurs en chef territoriaux de France, ADT INET. Pensée comme une journée de travail opérationnelle, cette étape normande proposera aux élus et aux agents territoriaux des retours d’expérience, des méthodes éprouvées et des études de cas concrètes permettant de passer rapidement de l’intention à l’action. Les participants pourront échanger avec des collectivités engagées, découvrir des démarches innovantes et identifier des leviers mobilisables sur leurs propres territoires. L’objectif est d’apporter des réponses concrètes aux défis du mandat : planifier les transitions, adapter les territoires aux changements climatiques, développer des mobilités durables, répondre aux besoins en logement et en services, maîtriser les consommations énergétiques ou encore renforcer la résilience des équipements publics. Pour le Comité 21, cette journée s’inscrit pleinement dans sa mission d’accompagnement des collectivités territoriales. Plus que jamais, les territoires ont besoin d’espaces de dialogue, de partage d’expériences et d’outils méthodologiques pour construire des politiques publiques à la hauteur des enjeux contemporains. Les nouveaux mandats représentent à cet égard une opportunité majeure pour engager ou accélérer les transformations nécessaires. Rendez-vous le 10 juin 2026 de 9h à 17h, à l’hémicycle de la Communauté urbaine Caen la mer, 16 rue Rosa Parks à Caen, pour cette journée dédiée aux solutions concrètes au service des territoires normands. 👉 Pour en savoir plus
RAPPORT DU GIEC-PL : les impacts des changement climatiques sur la santé des populations
Le GIEC des Pays de la Loire publie aujourd’hui un rapport spécial sur les impacts des changements climatiques sur la santé des populations : comprendre, anticiper et agir 📃 Dans les Pays de la Loire comme ailleurs, les changements climatiques ne constituent plus une menace abstraite pour la santé. Ils affectent déjà les corps, les esprits, les conditions de vie, les équilibres territoriaux et les capacités collectives de protection. Canicules plus fréquentes, dégradation de la qualité de l’air et de l’eau, allergies en hausse ou encore apparition de nouveaux risques sanitaires ont désormais des effets directs sur les populations. “ Les impacts sanitaires des changements climatiques ne relèvent pas d’un risque sectoriel supplémentaire, mais d’une transformation systémique des déterminants mêmes de la santé” soulignent les expert·es du GIEC-PL. Face à ces évolutions, tous les habitants ne sont pas exposés de la même manière. Les personnes âgées, les enfants, les femmes, les personnes précaires ou en moins bonne santé sont en première ligne. Pour les experts du GIEC-PL “la santé doit être regardée non comme une conséquence parmi d’autres des changements climatiques, mais comme l’un des prismes les plus puissants pour penser l’adaptation du territoire.” 👉 Télécharger le rapport du GIEC-PL
Parcours d’accompagnement sur l’adaptation aux changements climatiques
Parcours d’accompagnement sur l’adaptation aux changements climatiques Le Comité 21 propose un parcours d’accompagnement pour aider les acteurs publics et privés à construire, ensemble, des stratégies d’adaptation aux changements climatiques. Face à des impacts climatiques déjà visibles et appelés à s’intensifier, l’adaptation suppose en effet de croiser les diagnostics, d’aligner les stratégies et de renforcer les coopérations entre les collectivités locales, les acteurs socio-économiques et les habitants du territoire. L’objectif est de constituer de véritables équipes territoriales de l’adaptation, capables de passer d’une lecture partagée des vulnérabilités à des actions coordonnées. Ce parcours s’inscrit dans le cadre du 3e Plan national d’adaptation au changement climatique et s’appuiera sur la TRACC, trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation, qui retient l’hypothèse d’une France hexagonale à +2 °C en 2030, +2,7 °C en 2050 et +4 °C en 2100. 👉 Découvrez la plaquette ici : Objectifs du parcours Le parcours vise à accompagner les organisations d’un même territoire, dans la construction d’une démarche d’adaptation structurée, progressive et opérationnelle. Il permettra aux participants de : 4 étapes pour structurer un plan d’action Le parcours est organisé autour de quatre grandes étapes : Pour chaque étape, le parcours alterne : Des focus thématiques pour passer à l’action En complément de ces quatre étapes, le parcours intégrera pour les adhérents de l’établissement Grand Ouest des focus thématiques sur la ressource en eau, les mobilités et les solutions fondées sur la nature. Ces séquences permettront d’approfondir les diagnostics territoriaux, d’identifier des vulnérabilités spécifiques et de travailler sur des leviers d’action concrets. Elles auront également vocation à faire émerger des coopérations opérationnelles entre acteurs d’un même territoire ou d’une même chaîne de valeur. Calendrier du parcours Étape 1 — Appréhender les changements climatiques et leurs impacts à l’échelle locale Date : 15 septembre 2026 Matin : session plénière Cette première étape permettra de poser un socle commun de compréhension des changements climatiques et de leurs impacts socio-économiques à l’échelle locale. Elle comprendra : Après-midi : atelier territorial L’atelier permettra aux participants de s’approprier les indicateurs utiles à leur démarche, de sélectionner les données les plus pertinentes pour leur territoire et d’engager la construction progressive de leur portrait climatique. Focus thématiques — Eau, nature et mobilités À la suite de cette première étape, trois focus thématiques seront proposés. Ils permettront d’approfondir certains enjeux clés de l’adaptation et d’affiner les éléments de diagnostic à partir de trois entrées opérationnelles : les mobilités, la ressource en eau et la nature. Étape 2 — Identifier les vulnérabilités de son territoire et de son organisation Date : 17 novembre 2026 Matin : session plénière Cette étape sera consacrée à la notion de vulnérabilité, en croisant l’exposition aux aléas, la sensibilité des territoires et des organisations, et leur capacité d’adaptation. Elle comprendra : Après-midi : atelier territorial L’atelier permettra de travailler sur les vulnérabilités territoriales et organisationnelles, d’identifier les points critiques — infrastructures, ressources, dépendances, continuité d’activité, chaîne d’approvisionnement — et de croiser les enjeux d’exposition, de sensibilité et de capacité d’adaptation. Étape 3 — Mobiliser les parties prenantes et identifier les modalités de coopération Date : 19 janvier 2027 Matin : session plénière Cette session permettra de travailler le rôle des parties prenantes dans les démarches d’adaptation, à la fois comme facteurs potentiels de vulnérabilité et comme leviers de résilience collective. Elle comprendra : Après-midi : atelier territorial L’atelier permettra d’approfondir les analyses avec les équipes territoriales. Pour chaque axe de vulnérabilité identifié, les participants travailleront à la cartographie des parties prenantes concernées et à l’analyse de leur propre vulnérabilité. Étape 4 — Élaborer sa feuille de route vers un plan d’adaptation Date : 9 mars 2027 Matin : session plénière Cette dernière étape méthodologique sera consacrée à la construction de la feuille de route. Elle permettra d’identifier les leviers d’action prioritaires, de les hiérarchiser et de les inscrire dans un plan d’adaptation progressif, réaliste et suivi dans le temps. Elle comprendra : Après-midi : atelier territorial L’atelier sera consacré à la construction et à la consolidation des plans d’action territoriaux et organisationnels. Focus thématiques — Eau, nature et mobilités Une seconde séquence de focus thématiques sera proposée après l’étape 4 afin d’approfondir les pistes identifiées, de consolider les actions prioritaires et de nourrir les feuilles de route des participants. Événement de clôture — Partager et enrichir sa feuille de route Date : à préciser Un événement de clôture permettra de partager les feuilles de route, de valoriser les travaux engagés et d’identifier les suites possibles, notamment en matière de coopérations territoriales. À qui s’adresse ce parcours ? Ce parcours s’adresse à tous types d’acteurs souhaitant structurer ou renforcer leur démarche d’adaptation aux changements climatiques : élus, agents de collectivités, chefs d’entreprise, responsables RSE, climat, risques, QHSE, responsables techniques, acteurs associatifs, établissements d’enseignement et de recherche. Il est ouvert aux organisations publiques et privées souhaitant mieux comprendre leurs vulnérabilités, construire une stratégie d’adaptation et identifier des actions concrètes à mettre en œuvre. Quelques témoignages : ” Participer à un parcours du Comité 21 donne le contexte favorable à expérimenter. Le prétexte du parcours sur la coopération vous permet d’avancer dans une safe zone pour lancer des coopérations . Pour ma boite en Sarthe c’est trop bien, on va collaborer avec le Conseil Départemental de la Sarthe. Le cadre est structurant, on est dans de bonnes conditions” Responsable environnement dans une entreprise « Je repars avec la conviction que nous partageons tous les mêmes défis. Il est donc essentiel de créer des synergies et d’échanger sur les bonnes pratiques si nous voulons progresser sur nos différentes problématiques. » Chargé de transition écologique dans une collectivité « Les ateliers permettent d’avoir une approche terrain. Atterrir et avoir des retours d’expériences des membres du réseau, comparer nos approches et nos enjeux. Effet levier dans la dynamique que l’on peut porter dans nos politiques publiques, aide à ancrer nos politiques publiques. C’est une approche réseau riche, des moments privilégiés. …. Je recommande vivement » DGS d’une collectivité Modalités d’inscription Le parcours est gratuit pour les adhérents du Comité 21. Il est conseillé de participer à plusieurs acteurs d’un même territoire afin de croiser les regards et de travailler collectivement à l’alignement des stratégies d’adaptation. L’enjeu est d’identifier les leviers de coopération permettant de renforcer
Marais poitevin : construire l’adaptation par le dialogue et l’action
Dans le Marais poitevin, territoire emblématique mais profondément fragilisé, l’adaptation aux changements climatiques ne se décrète pas : elle se construit, patiemment, dans la confrontation des enjeux et la recherche de compromis. Entre tensions sur la gestion de l’eau, évolutions des pratiques agricoles et vulnérabilité accrue des milieux naturels, ce territoire concentre une grande partie des défis auxquels sont aujourd’hui confrontés les territoires français. Sur plus de 200 000 hectares, cette zone humide majeure de la façade atlantique, désormais labellisée Ramsar, fait face à des pressions multiples et parfois contradictoires. Les débats autour des usages de l’eau, notamment, illustrent la complexité des arbitrages à opérer dans un contexte de raréfaction de la ressource et d’intensification des aléas climatiques. Dans ce paysage, l’adaptation apparaît non seulement comme une nécessité, mais aussi comme un exercice collectif exigeant. C’est dans cette perspective qu’a été lancé le projet « Life Maraisilience », porté par le parc naturel régional. Doté d’un budget de 3 millions d’euros sur quatre ans, ce programme associe collectivités, acteurs académiques et partenaires économiques autour d’un objectif commun : construire une stratégie d’adaptation ancrée dans les réalités du territoire. L’une des premières étapes consiste à mieux comprendre les dynamiques en cours. Un observatoire du climat est ainsi en cours de déploiement, avec la collecte de données sur les vulnérabilités du territoire, les perceptions des habitants ou encore la capacité des sols à stocker du carbone. Ce travail de connaissance est essentiel pour objectiver les enjeux et éclairer les décisions. Mais au-delà des données, c’est bien la mobilisation des acteurs qui constitue le cœur du projet. Ateliers participatifs, spectacles, démarches de prospective territoriale : près de 800 personnes ont déjà été impliquées dans des temps d’échange visant à imaginer le territoire à l’horizon 2050. Cette dynamique se poursuit avec l’organisation d’agoras climatiques réunissant élus, professionnels, associations et citoyens, dans une logique d’équilibre des représentations et de co-construction. L’enjeu est clair : favoriser l’acceptabilité sociale des transformations à venir. Car adapter un territoire, c’est aussi accepter de faire évoluer les pratiques, en particulier agricoles, ce qui suppose d’accompagner les acteurs dans la prise de risque. À ce titre, l’expérimentation menée avec des exploitations agricoles, soutenues pour faire évoluer leurs modèles, illustre la volonté de passer du débat à l’action. Ce projet met en lumière une réalité souvent sous-estimée : l’adaptation ne se limite pas à des solutions techniques. Elle repose sur des processus de dialogue, de compréhension mutuelle et de projection collective. Elle suppose de croiser les savoirs, de confronter les intérêts et de construire des trajectoires partagées dans des contextes parfois conflictuels. C’est précisément dans cette logique que s’inscrit l’action du Comité 21. À travers son parcours dédié à l’adaptation aux changements climatiques, l’association accompagne les acteurs publics et privés pour structurer des démarches territoriales, articulant connaissance des vulnérabilités, mobilisation des parties prenantes et identification de solutions concrètes. L’objectif est de passer d’une prise de conscience à une mise en mouvement collective, en s’appuyant sur des dynamiques locales. L’expérience du Marais poitevin montre que, même dans les territoires les plus exposés et les plus conflictuels, il est possible d’engager des démarches d’adaptation ambitieuses. À condition d’accepter la complexité, de créer des espaces de dialogue et de s’inscrire dans le temps long. Face aux changements climatiques, l’enjeu n’est plus seulement de protéger les territoires, mais de les transformer. Et cette transformation ne peut réussir que si elle est partagée.









