Actualités

Planification écologique : où en est réellement la France ? 

Le Secrétariat général à la planification écologique (SGPE) a mis en ligne le 18 juin dernier une nouvelle version de son Baromètre de la planification écologique, un outil inédit destiné à suivre l’avancement des principaux objectifs environnementaux fixés par la France. À travers près de 250 indicateurs issus des grandes stratégies nationales – Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), loi Agec, plan Eau, stratégie biodiversité ou encore politiques de lutte contre les pollutions – ce tableau de bord offre une photographie précieuse de l’état d’avancement des transitions engagées.   L’initiative mérite d’être saluée. Dans un domaine où les objectifs sont nombreux et parfois difficiles à appréhender, le baromètre apporte davantage de transparence et permet de suivre, de manière accessible, l’écart entre les trajectoires actuelles et les engagements pris par la France. Il constitue également un outil utile pour les collectivités, les entreprises, les associations et l’ensemble des acteurs engagés dans la transition écologique.  Mais au-delà de l’exercice de transparence, les résultats appellent à la vigilance.  Le constat dressé par le SGPE est sans ambiguïté : la France progresse sur certains sujets, mais reste en retard sur plusieurs objectifs structurants. Comme le reconnaissent les concepteurs du baromètre eux-mêmes, « on est rarement en avance sur nos engagements ».   Parmi les principaux points de vigilance figure la lutte contre l’artificialisation des sols. Malgré l’objectif de réduction progressive de la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers, les trajectoires actuelles restent insuffisantes pour atteindre les ambitions fixées. Or la préservation des sols constitue un enjeu majeur à la fois pour la biodiversité, la ressource en eau, la souveraineté alimentaire et l’adaptation aux changements climatiques.  La situation est également préoccupante concernant la qualité de l’eau. Une part importante des masses d’eau françaises demeure éloignée du bon état écologique fixé par les directives européennes. Les pressions liées aux pollutions diffuses, aux prélèvements et aux évolutions climatiques continuent de peser lourdement sur les milieux aquatiques.  Le baromètre met aussi en évidence les difficultés rencontrées dans la réduction des déchets ménagers. Malgré les progrès réalisés en matière de tri, de recyclage et d’économie circulaire, les volumes produits restent trop élevés pour respecter les trajectoires prévues par la loi Agec.  Les indicateurs relatifs à la qualité de l’air soulignent également des écarts importants avec les objectifs à atteindre à l’horizon 2030. Les nouveaux seuils européens imposeront des efforts significatifs pour réduire certaines émissions polluantes responsables de nombreux impacts sanitaires.  Plus globalement, le baromètre confirme que les enjeux de biodiversité, de ressources naturelles et de réduction des pollutions demeurent parmi les plus difficiles à traiter. Ces sujets nécessitent souvent des transformations profondes des modèles économiques, agricoles, industriels ou d’aménagement.  L’un des enseignements les plus marquants de cet exercice concerne toutefois l’adaptation aux changements climatiques. Alors même que la France s’est dotée d’un troisième Plan national d’adaptation au changement climatique et que les impacts du réchauffement deviennent chaque année plus visibles, le baromètre ne dispose pas encore d’indicateurs suffisamment robustes pour mesurer les progrès réalisés dans ce domaine. Plusieurs travaux sont en cours, mais l’absence actuelle d’indicateurs opérationnels illustre la difficulté persistante à évaluer concrètement la résilience des territoires, des infrastructures ou des populations face aux risques climatiques.   Cette situation interroge. Car si les émissions de gaz à effet de serre, la consommation énergétique ou les volumes de déchets peuvent être relativement bien mesurés, l’adaptation reste souvent plus difficile à objectiver. Comment mesurer la résilience d’un territoire face aux canicules ? La capacité d’une collectivité à gérer une crise liée à l’eau ? L’évolution de la vulnérabilité des populations ? Ces questions deviennent pourtant centrales à mesure que les effets des changements climatiques s’intensifient.  Pour le Comité 21, ce nouveau baromètre confirme l’importance d’articuler davantage les politiques nationales et les dynamiques territoriales. Les trajectoires environnementales ne pourront être atteintes sans une mobilisation renforcée des collectivités, des entreprises, des associations et des citoyens. Les Conférences régionales de la planification écologique ont constitué une première étape importante, mais leur traduction opérationnelle reste désormais l’enjeu principal.   Au-delà des chiffres, le baromètre rappelle surtout que la transition écologique est un exercice de long terme qui exige de la cohérence, de la continuité et de la capacité à mesurer objectivement les progrès réalisés. Il montre également que les défis restent considérables et que les prochaines années seront déterminantes pour respecter les engagements climatiques, environnementaux et de préservation des ressources que la France s’est fixés.  Car si mesurer les écarts est indispensable, la véritable question demeure : comment accélérer suffisamment pour les réduire ?  En savoir +

Centre-Val de Loire : repenser l’habitabilité des territoires face aux transitions

Comment continuer à habiter durablement les territoires dans un contexte de changements climatiques, d’évolutions démographiques et de transformations sociales profondes ? C’est à cette question que la Région Centre-Val de Loire souhaite répondre à travers sa nouvelle démarche « Habiter le Centre-Val de Loire – Repenser le jardin de la France », officiellement lancée le 12 juin à Orléans. Cette initiative part d’un constat simple : les modèles d’aménagement hérités du passé ne suffisent plus à répondre aux défis actuels. Les territoires doivent désormais composer avec des épisodes de chaleur plus intenses, des tensions croissantes sur l’eau, des risques d’inondation, des besoins en logement, des mobilités à transformer, des services publics à maintenir et des équilibres à préserver entre espaces ruraux, villes moyennes et centralités urbaines. La notion d’habitabilité permet précisément de poser ces questions ensemble. Elle ne se limite pas au logement ou à l’urbanisme. Elle interroge les conditions concrètes qui permettent à un territoire de rester vivable, accueillant, résilient et désirable : accès à l’eau, qualité des sols, présence de nature, confort d’été, proximité des services, mobilités du quotidien, cohésion sociale, capacité d’adaptation des équipements et qualité du cadre de vie. Avec cette démarche, la Région souhaite construire une vision partagée de l’avenir régional, en associant largement collectivités, élus locaux, architectes, urbanistes, aménageurs, chercheurs, acteurs économiques, culturels et citoyens. L’objectif est de dépasser une approche strictement technique ou réglementaire de l’aménagement pour ouvrir un débat plus large : comment voulons-nous habiter le Centre-Val de Loire demain ? La démarche se veut aussi très opérationnelle. Un appel sera lancé pour identifier des projets locaux cohérents avec cette nouvelle manière d’habiter le territoire. Ces projets pourront être accompagnés par la Région dans le cadre d’un dispositif d’accélération, avec une enveloppe de 500 000 euros issue du Feder. L’enjeu sera de soutenir des démonstrateurs concrets, observables et évaluables, capables d’inspirer d’autres territoires. L’accompagnement des élus locaux constitue un autre axe central. Parce qu’ils sont en première ligne dans les choix d’aménagement, les élus doivent pouvoir disposer de repères, d’outils et d’exemples pour faire évoluer leurs projets. La Région entend s’appuyer notamment sur ses contrats d’aménagement avec les collectivités, qui représentent 400 millions d’euros sur six ans, afin d’intégrer plus fortement les enjeux climatiques, sociaux et territoriaux dans les décisions d’investissement. La démarche accordera également une place importante aux ateliers territoriaux. Ces temps de travail permettront de faire dialoguer des acteurs qui ne se rencontrent pas toujours : élus, techniciens, habitants, professionnels de l’aménagement, artistes, architectes, associations ou acteurs économiques. Cette méthode est essentielle, car l’habitabilité d’un territoire ne peut être pensée depuis un seul point de vue. Elle suppose de croiser les usages, les besoins, les contraintes et les imaginaires. L’initiative s’appuie aussi sur la culture et l’architecture comme leviers de projection collective. L’exposition « Living with – Faire avec », présentée au Frac d’Orléans, montre comment l’architecture peut aider à penser des manières d’habiter avec l’existant, avec la nature, avec les vulnérabilités ou encore avec les territoires abîmés. Elle rappelle que les transitions ne relèvent pas seulement de normes ou d’investissements, mais aussi de notre capacité à imaginer d’autres futurs possibles. Cette dimension est particulièrement importante. Pour transformer les territoires, il ne suffit pas d’aligner des objectifs. Il faut aussi construire un récit commun, donner à voir des solutions, rendre désirables des changements parfois perçus comme contraignants. En ce sens, l’imaginaire devient une ressource pour l’action publique. Les cinq piliers de la démarche résument bien cette ambition : anticiper plutôt que subir ; mettre les élus au cœur de la fabrique territoriale ; expérimenter sur le terrain ; mobiliser la créativité et la culture ; construire un récit régional partagé. Ils traduisent une volonté de faire de l’aménagement un levier de transformation, et non une simple réponse aux contraintes. Cette approche rejoint pleinement les convictions du Comité 21. Les transitions écologiques, sociales et économiques ne peuvent réussir que si elles sont territorialisées, appropriées par les acteurs locaux et construites dans la coopération. Les enjeux de sobriété foncière, d’adaptation aux changements climatiques, de protection du vivant, de santé, de mobilité ou de logement doivent désormais être pensés ensemble, à l’échelle des bassins de vie. Le Comité 21 accompagne précisément ces dynamiques en créant des espaces de dialogue entre collectivités, entreprises, associations, chercheurs et citoyens. Son rôle est de faciliter le passage de la prise de conscience à l’action, en aidant les territoires à identifier leurs vulnérabilités, à partager les connaissances, à structurer des coopérations et à faire émerger des solutions adaptées aux réalités locales. L’initiative lancée en Centre-Val de Loire illustre ainsi une évolution majeure des politiques territoriales. Il ne s’agit plus seulement de planifier le développement, mais de garantir la capacité des territoires à rester habitables dans un monde en transformation rapide. Cette question deviendra centrale dans les années à venir, car elle conditionne directement la résilience des territoires, la qualité de vie des habitants et la cohésion sociale. Repenser l’habitabilité, c’est finalement poser une question simple mais décisive : comment continuer à vivre ici, demain, dans de bonnes conditions ? C’est à partir de cette question que peuvent se construire des politiques publiques plus justes, plus sobres et plus adaptées aux défis du siècle.

Le Comité 21 lance son nouveau parcours adaptation 2026-2027

Un parcours collectif territorial et multi acteurs   En 2026-2027, le Comité 21 propose un parcours d’accompagnement pour renforcer la capacité d’action des acteurs publics et privés face aux changements climatiques.   Conçu en lien avec les territoires, ce programme offre un cadre structuré pour : analyser les vulnérabilités, mobiliser les parties prenantes et construire une trajectoire d’adaptation ambitieuse et réaliste, cohérente avec les dynamiques locales.   👉 Découvrez la plaquette ici : Le parcours comprend :  À l’issue du parcours, chaque participant disposera d’une analyse climatique de son territoire (échelle intercommunale), d’un diagnostic de vulnérabilité et d’un plan d’action assorti d’indicateurs de suivi.   Objectifs pédagogiques :   Déroulé du parcours & calendrier   Format : mix distanciel et présentiel   5 journées avec :    A qui s’adresse ce parcours :   Dirigeants, Directeurs-/Responsables RSE, QHSE, SSE, climat, Responsables gestion des risques ou responsables industriel   Elus, DGS, Chargés de transition écologique   Les intervenants :   Le parcours sera animé sur chaque territoire par les délégués territoriaux.   Les Parcours territoriaux multi acteurs: nos adhérents témoignent :   ” Participer à un parcours donne le contexte favorable à expérimenter. Le prétexte du parcours sur la coopération vous permet d’avancer dans 1 safe zone pour lancer des coopérations ​  Pour ma boite en Sarthe c’est trop bien, on va collaborer avec le Conseil Départemental 72. Le cadre est structurant, on est dans de bonnes conditions” Responsable environnement dans une entreprise   « Je repars également avec la conviction que nous partageons tous les mêmes défis. Il est donc essentiel de créer des synergies et d’échanger sur les bonnes pratiques si nous voulons progresser sur nos différentes problématiques. »  Chargé de transition écologique dans une collectivité   « Nous sommes dans un moment clé puisqu’en renouvellement de notre label RSE et en co-construction du plan d’engagement 2026-2030. Ce parcours est une très bonne source de veille sur les sujets à y intégrer ! » Responsable RSE d’une association ADAPEI   « Les ateliers permettent d’avoir une approche terrain. Atterrir et avoir des retours d’expériences des membres du réseau, comparer nos approches et nos enjeux. Effet levier dans la dynamique que l’on peut porter dans nos politiques publiques, aide à ancrer nos politiques publiques. C’est une approche réseau riche, des moments privilégiés. …. Je recommande vivement » DGS d’une collectivité   Modalités d’inscription :   Gratuit pour les adhérents Comité 21 (voir tarif adhésion)   Possibilité de venir à plusieurs par organisation. Il est conseillé de suivre l’ensemble des étapes et d’inviter en interne vos parties prenantes.   Inscriptions     Nombre de places limitées (15 organisations sur chaque Comité 21)   👉 Réservez votre place dès maintenant Contact :   Anne Laurence   Directrice du développement territorial - Pilote du parcours adaptation   laurence@comite21.org   

Planifier et financer la résilience ​des territoires

Le 19 mai 2026, le Comité 21 a organisé son deuxième webinaire thématique autour de la résilience des territoires. Face aux aléas climatiques, aux problématiques de gestion des ressources et à la nécessité de préserver la cohésion sociale, il est indispensable de planifier la résilience des territoires. Pour concilier enjeux environnementaux, économiques et sociaux dans un contexte de forte incertitude et de budgets contraints, les coopérations entre acteurs publics et privés sont incontournables. Comment planifier et financer les démarches de résilience dans les territoires? A l’heure où les nouveaux élus municipaux doivent définir leur politique d’investissements et que l’Union européenne revoit le cadre de ses financements régionaux, quels leviers activer pour construire ensemble des solutions pragmatiques ? Intervenants : Un replay est disponible pour les adhérents dans notre Centre de ressources. Retrouvez le support de présentation ici :

Nouveaux mandats : une journée pour passer à l’action en Normandie

Les transitions écologiques, sociales et économiques s’invitent désormais au cœur des décisions locales. Aménagement, logement, mobilités, énergie, adaptation aux changements climatiques, maîtrise des dépenses publiques ou encore attractivité territoriale : les élus et les services des collectivités sont aujourd’hui confrontés à des arbitrages de plus en plus complexes, dans un contexte marqué par de fortes incertitudes et des contraintes budgétaires accrues. Comment affiner votre feuille de route et préparer vos arbitrages ? Comment embarquer votre collectif autour d’une trajectoire plus durable ? Comment répondre aux besoins de votre territoire (habitat, activités, services, mobilités, énergie…) tout en tenant compte des enjeux environnementaux ? Comment garantir la pérennité de vos projets et de vos investissements ? Pour accompagner les collectivités dans ces réflexions, le Comité 21 participera à l’étape normande de la tournée nationale dédiée aux nouveaux mandats locaux, organisée le 10 juin 2026 à Caen, dans l’hémicycle de la Communauté urbaine Caen la mer. Cette rencontre est coorganisée avec France Villes et territoires Durables, France urbaine, Association des directeurs généraux des communautés de France, Efficacity, Association des ingénieurs et ingénieurs en chef territoriaux de France, ADT INET. Pensée comme une journée de travail opérationnelle, cette étape normande proposera aux élus et aux agents territoriaux des retours d’expérience, des méthodes éprouvées et des études de cas concrètes permettant de passer rapidement de l’intention à l’action. Les participants pourront échanger avec des collectivités engagées, découvrir des démarches innovantes et identifier des leviers mobilisables sur leurs propres territoires. L’objectif est d’apporter des réponses concrètes aux défis du mandat : planifier les transitions, adapter les territoires aux changements climatiques, développer des mobilités durables, répondre aux besoins en logement et en services, maîtriser les consommations énergétiques ou encore renforcer la résilience des équipements publics. Pour le Comité 21, cette journée s’inscrit pleinement dans sa mission d’accompagnement des collectivités territoriales. Plus que jamais, les territoires ont besoin d’espaces de dialogue, de partage d’expériences et d’outils méthodologiques pour construire des politiques publiques à la hauteur des enjeux contemporains. Les nouveaux mandats représentent à cet égard une opportunité majeure pour engager ou accélérer les transformations nécessaires. Rendez-vous le 10 juin 2026 de 9h à 17h, à l’hémicycle de la Communauté urbaine Caen la mer, 16 rue Rosa Parks à Caen, pour cette journée dédiée aux solutions concrètes au service des territoires normands. 👉 Pour en savoir plus

RAPPORT DU GIEC-PL : les impacts des changement climatiques sur la santé des populations

Le GIEC des Pays de la Loire publie aujourd’hui un rapport spécial sur les impacts des changements climatiques sur la santé des populations : comprendre, anticiper et agir 📃   Dans les Pays de la Loire comme ailleurs, les changements climatiques ne constituent plus une menace abstraite pour la santé. Ils affectent déjà les corps, les esprits, les conditions de vie, les équilibres territoriaux et les capacités collectives de protection.   Canicules plus fréquentes, dégradation de la qualité de l’air et de l’eau, allergies en hausse ou encore apparition de nouveaux risques sanitaires ont désormais des effets directs sur les populations. “ Les impacts sanitaires des changements climatiques ne relèvent pas d’un risque sectoriel supplémentaire, mais d’une transformation systémique des déterminants mêmes de la santé” soulignent les expert·es du GIEC-PL.   Face à ces évolutions, tous les habitants ne sont pas exposés de la même manière. Les personnes âgées, les enfants, les femmes, les personnes précaires ou en moins bonne santé sont en première ligne.  Pour les experts du GIEC-PL “la santé doit être regardée non comme une conséquence parmi d’autres des changements climatiques, mais comme l’un des prismes les plus puissants pour penser l’adaptation du territoire.”  👉 Télécharger le rapport du GIEC-PL

L’observatoire Copernicus confirme l’accélération du réchauffement en Europe

Le dernier rapport sur l’état du climat en Europe publié par l’observatoire Copernicus et l’organisation météorologique mondiale confirme l’accélération du réchauffement sur le continent européen. Les données pour l’année 2025 montrent une aggravation des phénomènes climatiques extrêmes et une pression croissante sur les ressources naturelles, les écosystèmes et les territoires. Selon le rapport, 95 % du continent européen a connu des températures annuelles supérieures à la moyenne de la période 1991-2020. L’année 2025 a également enregistré la deuxième vague de chaleur la plus sévère jamais observée en Europe. Certaines régions ont connu des niveaux de chaleur exceptionnels : dans le sud et l’est de l’Espagne, le nombre de jours avec des températures supérieures à 32 °C a dépassé de cinquante jours la moyenne habituelle. Le rapport souligne que l’Europe et l’Arctique demeurent les régions du monde qui se réchauffent le plus rapidement. Cette dynamique affecte particulièrement les territoires les plus froids, où la neige et la glace jouent pourtant un rôle essentiel dans la régulation climatique. En 2025, les régions subarctiques de Norvège, de Finlande et de Suède ont connu la pire vague de chaleur jamais enregistrée, avec vingt-et-un jours consécutifs de températures extrêmes et des pics dépassant les 30 °C à l’intérieur du cercle polaire arctique. Les conséquences sont déjà très visibles. La surface enneigée de l’Europe a atteint son niveau le plus bas depuis le début des observations en 1983, avec une diminution de 31 % par rapport à la moyenne. Les glaciers européens continuent également de perdre massivement de la glace. L’Islande a ainsi enregistré la deuxième perte de masse glaciaire la plus importante de son histoire récente. Les milieux marins subissent eux aussi une pression croissante. La température moyenne de surface des mers européennes a atteint un niveau record pour la quatrième année consécutive. En Méditerranée, les températures observées figurent parmi les plus élevées jamais enregistrées. Plus de 86 % des eaux européennes ont connu des vagues de chaleur marines considérées comme fortes, et plus d’un tiers du territoire maritime a subi des conditions qualifiées de sévères ou extrêmes. Cette évolution exerce une pression directe sur la ressource en eau. En 2025, 70 % des cours d’eau européens ont enregistré des débits inférieurs à la moyenne, tandis que l’année figure parmi les trois plus sèches depuis le début des mesures de l’humidité des sols en 1992. Dès le mois de mai, plus de la moitié du continent européen était touchée par des conditions de sécheresse. Ces phénomènes ont fortement contribué à l’augmentation des incendies de forêt. Plus d’un million d’hectares ont brûlé en Europe en 2025, un niveau record qui a particulièrement touché l’Espagne, Chypre, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l’Allemagne. Le rapport alerte également sur les conséquences croissantes pour la biodiversité. Les vagues de chaleur, la sécheresse et les incendies fragilisent des écosystèmes déjà vulnérables, qu’il s’agisse des prairies marines méditerranéennes, des zones humides ou encore des tourbières, essentielles au stockage du carbone et à la régulation de l’eau. Au-delà des chiffres, ce rapport confirme surtout une accélération des transformations climatiques en Europe. Les phénomènes observés ne relèvent plus d’événements exceptionnels isolés, mais d’une tendance structurelle qui modifie profondément les équilibres environnementaux et les conditions de vie sur le continent. Ces constats renforcent la nécessité d’accélérer les stratégies d’adaptation dans les territoires. Gestion de l’eau, protection des populations face aux fortes chaleurs, préservation des écosystèmes, évolution des pratiques d’aménagement ou encore transformation des modèles agricoles deviennent des enjeux centraux pour les collectivités et les acteurs territoriaux. Face à ces défis, le Comité 21 poursuit son engagement pour accompagner les territoires dans la mise en œuvre de trajectoires d’adaptation concrètes et opérationnelles. À travers ses travaux, ses démarches d’accompagnement et ses espaces de coopération, l’association contribue à renforcer la capacité des acteurs à anticiper les effets déjà visibles des changements climatiques et à construire des réponses collectives adaptées aux réalités locales. 👉Lire le rapport ici

LIFE 2026 : un levier stratégique pour accélérer les transitions territoriales

Le Ministère de la Transition écologique a annoncé l’ouverture de l’appel à projets LIFE 2026, principal instrument financier de l’Union européenne dédié à l’environnement, au climat et à la transition énergétique. Doté de 5,43 milliards d’euros sur la période 2021-2027, le programme LIFE soutient des projets concrets, innovants et reproductibles permettant d’accélérer les transitions écologiques dans les territoires européens. Pour l’appel 2026, près de 600 millions d’euros devraient être mobilisés à l’échelle européenne pour financer des projets dans plusieurs domaines : biodiversité, adaptation aux changements climatiques, économie circulaire, qualité de l’air, gestion de l’eau, efficacité énergétique, énergies renouvelables ou encore transition énergétique des territoires. Depuis plus de trente ans, le programme LIFE accompagne des initiatives très diverses : adaptation aux changements climatiques, préservation de la biodiversité, renaturation des espaces urbains, gestion de l’eau, économie circulaire, réduction des émissions de gaz à effet de serre, mobilité durable, efficacité énergétique ou encore résilience des territoires face aux risques climatiques. Il constitue aujourd’hui l’un des principaux outils européens permettant d’expérimenter de nouvelles solutions, de structurer des coopérations entre acteurs et de changer d’échelle dans la mise en œuvre des transitions. Le programme LIFE présente également une spécificité importante : il ne finance pas uniquement des investissements techniques. Il soutient aussi des démarches territoriales, des projets de coopération, des expérimentations locales, des outils de gouvernance, des actions de sensibilisation ou encore des dynamiques d’innovation collective. Les taux de financement peuvent atteindre jusqu’à 60 % des coûts éligibles — et parfois 75 % pour certains projets liés à la biodiversité et aux habitats prioritaires. Pour les collectivités, entreprises, associations, établissements publics ou acteurs de la recherche, LIFE représente ainsi une opportunité stratégique. Dans un contexte marqué par la réduction des marges budgétaires et l’intensification des besoins d’adaptation, ces financements européens peuvent permettre de lancer des projets structurants qui n’auraient pas pu émerger autrement. Ils offrent également un cadre propice aux coopérations entre territoires et à la diffusion de solutions innovantes à l’échelle européenne. Pourtant, malgré ce potentiel, le programme LIFE reste encore insuffisamment mobilisé par de nombreux acteurs territoriaux français. Les raisons sont connues : complexité des procédures européennes, manque d’ingénierie de projet, difficulté à construire des consortiums, méconnaissance des appels ou encore manque de temps et de ressources humaines pour préparer des candidatures solides. Ces freins touchent particulièrement les petites collectivités, les structures associatives et les acteurs locaux disposant de moyens limités, alors même qu’ils portent souvent des initiatives particulièrement innovantes et ancrées dans les territoires. Face à ce constat, le Comité 21 renforcera son action d’accompagnement des acteurs territoriaux. Avec le soutien du ministère de la Transition écologique, l’association animera prochainement une série de six webinaires consacrés aux projets LIFE, afin de mieux faire connaître ce dispositif et de favoriser l’émergence de nouvelles candidatures. Cette démarche s’inscrit également dans une logique d’anticipation : un nouvel appel LIFE sera proposé en 2027 et nécessite d’être préparé dès maintenant, compte tenu du temps nécessaire à la structuration des partenariats, à la définition des projets et au montage des dossiers. Ces webinaires, organisés par grandes zones géographiques, auront pour ambition de rendre le programme plus accessible et plus concret pour les acteurs de terrain. Ils permettront de présenter les priorités de l’appel LIFE 2026, les différentes catégories de projets soutenus, les critères de sélection, les modalités de financement ainsi que les attentes de la Commission européenne en matière d’impact, de gouvernance et de reproductibilité. Une attention particulière sera portée aux retours d’expérience. Des porteurs de projets viendront partager les enseignements tirés de leurs démarches : construction de partenariats, mobilisation des financements, articulation avec les politiques territoriales, difficultés rencontrées ou encore facteurs de réussite. L’objectif est de permettre aux participants de mieux appréhender la réalité des projets LIFE et de lever certains freins souvent liés à la complexité supposée des dispositifs européens. Ces temps d’échange viseront également à créer des dynamiques collectives entre acteurs. Car au-delà du financement, les projets LIFE constituent souvent de véritables accélérateurs de coopération territoriale. Ils permettent de faire dialoguer collectivités, entreprises, associations, chercheurs et citoyens autour d’objectifs communs, tout en favorisant l’expérimentation et l’innovation. À travers cette initiative, le Comité 21 poursuit son engagement pour renforcer la capacité des territoires à passer à l’action et à mobiliser des financements adaptés aux défis écologiques et climatiques. 👉 En savoir plus

Climat et santé : l’alerte sanitaire du Lancet pour l’Europe

Le nouveau rapport 2026 du The Lancet Countdown consacré à la santé et aux changements climatiques en Europe vient d’être publié. Et les conclusions sont particulièrement préoccupantes : les effets sanitaires du réchauffement climatique s’intensifient rapidement sur le continent, tandis que les réponses politiques et sociétales restent encore insuffisantes face à l’ampleur des risques. Les indicateurs révèlent une forte aggravation des impacts liés à la chaleur. Entre la période 2015-2024 et la période 1991-2000, 99,6 % des régions européennes étudiées ont enregistré une augmentation des décès attribuables à la chaleur, avec une hausse moyenne annuelle de 52 décès supplémentaires par million d’habitants. Dans le même temps, le nombre quotidien d’alertes sanitaires liées aux fortes chaleurs a progressé de 318 %. Les populations les plus vulnérables sont particulièrement exposées. L’exposition à des températures dangereuses a augmenté de 1,17 milliard de journées-personnes chez les nourrissons et les personnes âgées de plus de 65 ans (+254 %). Le rapport montre également que les conditions climatiques rendent de plus en plus difficile l’exercice d’activités physiques ou professionnelles : le nombre moyen d’heures durant lesquelles une activité légère ou modérée devient dangereuse en raison de la chaleur a augmenté de 88 %. Les conséquences dépassent largement les seuls épisodes caniculaires. Le rapport souligne une progression importante des risques sanitaires indirects. La capacité de transmission du virus de la dengue a augmenté de 297 % en Europe entre 2015 et 2024 par rapport à la période 1981-2010, conséquence directe de l’évolution des conditions climatiques favorables aux moustiques vecteurs. Parallèlement, les saisons polliniques se prolongent de une à deux semaines, augmentant la durée d’exposition des personnes souffrant d’allergies respiratoires. Le rapport met également en évidence l’impact croissant des changements climatiques sur le travail et les conditions de vie. Entre 2000 et 2023, la perte de disponibilité de la main-d’œuvre liée à la chaleur est estimée à environ 24 heures par travailleur et par an en Europe. Les secteurs de la construction et de l’agriculture apparaissent particulièrement vulnérables, en raison de l’exposition directe des travailleurs aux fortes températures. L’étude insiste surtout sur les profondes inégalités face aux risques climatiques. Les ménages à faibles revenus présentent un risque supérieur de 10,9 % de souffrir d’insécurité alimentaire liée aux vagues de chaleur et aux sécheresses par rapport aux ménages aux revenus moyens. Les régions les plus pauvres sont également davantage exposées aux incendies de forêt et disposent souvent d’un accès plus limité aux espaces verts, pourtant essentiels pour limiter les effets des fortes chaleurs. Autre élément préoccupant mis en avant par le Lancet : malgré l’accumulation des données scientifiques sur les liens entre climat et santé, l’engagement des décideurs publics, des entreprises, des médias et des citoyens sur ces sujets a connu un recul en 2023. Une évolution qui inquiète les auteurs du rapport, alors même que les impacts sanitaires deviennent de plus en plus visibles. Le rapport souligne toutefois un signal encourageant : les actions en justice relatives au climat prennent une importance croissante et contribuent à renforcer la reconnaissance des enjeux sanitaires liés aux changements climatiques. La position récente de la Cour internationale de Justice, rappelant l’obligation juridique des États d’agir contre le changement climatique et d’en reconnaître les conséquences sur la santé humaine, marque à ce titre une évolution importante. Ce rapport rappelle finalement une réalité désormais incontournable : les changements climatiques constituent aussi une crise sanitaire majeure. Les enjeux de chaleur, de qualité de l’air, d’accès à l’eau, d’alimentation, de conditions de travail ou encore de santé mentale deviennent des dimensions centrales des politiques climatiques et d’adaptation. Ces enjeux sont pleinement au cœur des travaux portés par le Comité 21 et le GIEC des Pays de la Loire, qui préparent actuellement un rapport consacré aux liens entre santé et changements climatiques dans les Pays de la Loire. L’objectif sera notamment de mieux documenter les vulnérabilités sanitaires des territoires, les impacts déjà observables et les leviers d’adaptation à mobiliser pour protéger les populations face à l’intensification des risques climatiques. 👉 Lire le rapport ici

CatNat : un modèle sous pression climatique

Quarante ans après sa création, le régime français d’assurance des catastrophes naturelles — dit régime CatNat — demeure un pilier essentiel de la solidarité face aux risques climatiques. Dans un rapport publié le 27 avril 2026, la Cour des comptes souligne son efficacité, à la fois financière et sociale, tout en alertant sur les tensions croissantes provoquées par les changements climatiques. Fondé sur un partenariat original entre assureurs privés, État et Caisse centrale de réassurance, le régime CatNat repose sur un principe simple : mutualiser les risques à travers une surprime obligatoire intégrée aux contrats d’assurance. Depuis plus de quatre décennies, ce modèle a permis d’indemniser 3,6 millions de sinistres pour plus de 50 milliards d’euros, tout en maintenant une relative égalité d’accès à l’assurance entre territoires. Cette logique de solidarité constitue l’une des grandes forces du système français. Sans ce mécanisme, certains territoires particulièrement exposés — notamment ultramarins — verraient les coûts d’assurance exploser. Jusqu’à présent, le régime est resté globalement soutenable, ne nécessitant qu’une seule intervention exceptionnelle de l’État après les tempêtes de 1999. Mais les équilibres historiques vacillent désormais sous l’effet de l’intensification des aléas climatiques. La multiplication des sécheresses, des inondations et des phénomènes extrêmes entraîne une hausse continue des coûts d’indemnisation. Le retrait-gonflement des argiles, aggravé par les sécheresses répétées, représente à lui seul plus de 1,3 milliard d’euros de dommages annuels en moyenne sur les cinq dernières années, soit presque le double des niveaux observés depuis son intégration au régime. Cette évolution fragilise directement la soutenabilité financière du dispositif. La hausse récente des surprimes — passées de 12 % à 20 % pour les assurances habitation — a permis de rééquilibrer temporairement le système, mais la Cour estime que cela ne suffira pas à long terme. Selon plusieurs scénarios étudiés à horizon 2050, le coût des sinistres pourrait encore augmenter de 47 à 85 %. Face à cette situation, la Cour des comptes appelle à une évolution profonde du modèle. Elle recommande notamment de réévaluer régulièrement les surprimes, mais aussi de revoir progressivement la frontière entre les événements considérés comme exceptionnels et ceux devenus récurrents sous l’effet des changements climatiques. Derrière cette question technique se cache en réalité un enjeu majeur d’aménagement et d’adaptation des territoires. Car si certains événements deviennent structurels, alors certains espaces pourraient progressivement sortir du champ de l’assurabilité classique. Le rapport évoque même l’identification de « zones noires », dans lesquelles la fréquence des sinistres rendrait impossible toute couverture durable, conduisant à imposer des formes d’inconstructibilité. Cette perspective marque un basculement profond. Elle rappelle que les changements climatiques ne constituent plus uniquement un enjeu environnemental, mais aussi un sujet économique, assurantiel et territorial. Elle pose surtout une question centrale : comment continuer à habiter, aménager et protéger des territoires de plus en plus exposés ? Dans ce contexte, la prévention apparaît comme une priorité absolue. La Cour insiste ainsi sur la nécessité de renforcer les plans de prévention des risques, d’accélérer les démarches de « reconstruction résiliente » et de développer une véritable culture du risque auprès des habitants, des collectivités et des acteurs économiques. Ces enjeux sont pleinement au cœur des travaux menés par le Comité 21. À travers son parcours dédié à l’adaptation aux changements climatiques, l’association accompagne les territoires dans l’identification de leurs vulnérabilités, la mobilisation des acteurs locaux et la construction de stratégies collectives de résilience. Car face à l’accélération des risques, l’enjeu n’est plus seulement d’indemniser les catastrophes, mais de réduire notre vulnérabilité collective. 👉 Le Comité 21 lance son nouveau parcours adaptation 2026-2027 Le rapport de la Cour des comptes envoie ainsi un signal clair : le modèle français de solidarité climatique reste robuste, mais il entre dans une nouvelle phase. Une phase où l’adaptation des territoires, l’anticipation des risques et la transformation des modèles d’aménagement deviennent des conditions indispensables de sa pérennité.

Retour en haut