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Climat et santé : l’alerte sanitaire du Lancet pour l’Europe

Le nouveau rapport 2026 du The Lancet Countdown consacré à la santé et aux changements climatiques en Europe vient d’être publié. Et les conclusions sont particulièrement préoccupantes : les effets sanitaires du réchauffement climatique s’intensifient rapidement sur le continent, tandis que les réponses politiques et sociétales restent encore insuffisantes face à l’ampleur des risques. Les indicateurs révèlent une forte aggravation des impacts liés à la chaleur. Entre la période 2015-2024 et la période 1991-2000, 99,6 % des régions européennes étudiées ont enregistré une augmentation des décès attribuables à la chaleur, avec une hausse moyenne annuelle de 52 décès supplémentaires par million d’habitants. Dans le même temps, le nombre quotidien d’alertes sanitaires liées aux fortes chaleurs a progressé de 318 %. Les populations les plus vulnérables sont particulièrement exposées. L’exposition à des températures dangereuses a augmenté de 1,17 milliard de journées-personnes chez les nourrissons et les personnes âgées de plus de 65 ans (+254 %). Le rapport montre également que les conditions climatiques rendent de plus en plus difficile l’exercice d’activités physiques ou professionnelles : le nombre moyen d’heures durant lesquelles une activité légère ou modérée devient dangereuse en raison de la chaleur a augmenté de 88 %. Les conséquences dépassent largement les seuls épisodes caniculaires. Le rapport souligne une progression importante des risques sanitaires indirects. La capacité de transmission du virus de la dengue a augmenté de 297 % en Europe entre 2015 et 2024 par rapport à la période 1981-2010, conséquence directe de l’évolution des conditions climatiques favorables aux moustiques vecteurs. Parallèlement, les saisons polliniques se prolongent de une à deux semaines, augmentant la durée d’exposition des personnes souffrant d’allergies respiratoires. Le rapport met également en évidence l’impact croissant des changements climatiques sur le travail et les conditions de vie. Entre 2000 et 2023, la perte de disponibilité de la main-d’œuvre liée à la chaleur est estimée à environ 24 heures par travailleur et par an en Europe. Les secteurs de la construction et de l’agriculture apparaissent particulièrement vulnérables, en raison de l’exposition directe des travailleurs aux fortes températures. L’étude insiste surtout sur les profondes inégalités face aux risques climatiques. Les ménages à faibles revenus présentent un risque supérieur de 10,9 % de souffrir d’insécurité alimentaire liée aux vagues de chaleur et aux sécheresses par rapport aux ménages aux revenus moyens. Les régions les plus pauvres sont également davantage exposées aux incendies de forêt et disposent souvent d’un accès plus limité aux espaces verts, pourtant essentiels pour limiter les effets des fortes chaleurs. Autre élément préoccupant mis en avant par le Lancet : malgré l’accumulation des données scientifiques sur les liens entre climat et santé, l’engagement des décideurs publics, des entreprises, des médias et des citoyens sur ces sujets a connu un recul en 2023. Une évolution qui inquiète les auteurs du rapport, alors même que les impacts sanitaires deviennent de plus en plus visibles. Le rapport souligne toutefois un signal encourageant : les actions en justice relatives au climat prennent une importance croissante et contribuent à renforcer la reconnaissance des enjeux sanitaires liés aux changements climatiques. La position récente de la Cour internationale de Justice, rappelant l’obligation juridique des États d’agir contre le changement climatique et d’en reconnaître les conséquences sur la santé humaine, marque à ce titre une évolution importante. Ce rapport rappelle finalement une réalité désormais incontournable : les changements climatiques constituent aussi une crise sanitaire majeure. Les enjeux de chaleur, de qualité de l’air, d’accès à l’eau, d’alimentation, de conditions de travail ou encore de santé mentale deviennent des dimensions centrales des politiques climatiques et d’adaptation. Ces enjeux sont pleinement au cœur des travaux portés par le Comité 21 et le GIEC des Pays de la Loire, qui préparent actuellement un rapport consacré aux liens entre santé et changements climatiques dans les Pays de la Loire. L’objectif sera notamment de mieux documenter les vulnérabilités sanitaires des territoires, les impacts déjà observables et les leviers d’adaptation à mobiliser pour protéger les populations face à l’intensification des risques climatiques. 👉 Lire le rapport ici

CatNat : un modèle sous pression climatique

Quarante ans après sa création, le régime français d’assurance des catastrophes naturelles — dit régime CatNat — demeure un pilier essentiel de la solidarité face aux risques climatiques. Dans un rapport publié le 27 avril 2026, la Cour des comptes souligne son efficacité, à la fois financière et sociale, tout en alertant sur les tensions croissantes provoquées par les changements climatiques. Fondé sur un partenariat original entre assureurs privés, État et Caisse centrale de réassurance, le régime CatNat repose sur un principe simple : mutualiser les risques à travers une surprime obligatoire intégrée aux contrats d’assurance. Depuis plus de quatre décennies, ce modèle a permis d’indemniser 3,6 millions de sinistres pour plus de 50 milliards d’euros, tout en maintenant une relative égalité d’accès à l’assurance entre territoires. Cette logique de solidarité constitue l’une des grandes forces du système français. Sans ce mécanisme, certains territoires particulièrement exposés — notamment ultramarins — verraient les coûts d’assurance exploser. Jusqu’à présent, le régime est resté globalement soutenable, ne nécessitant qu’une seule intervention exceptionnelle de l’État après les tempêtes de 1999. Mais les équilibres historiques vacillent désormais sous l’effet de l’intensification des aléas climatiques. La multiplication des sécheresses, des inondations et des phénomènes extrêmes entraîne une hausse continue des coûts d’indemnisation. Le retrait-gonflement des argiles, aggravé par les sécheresses répétées, représente à lui seul plus de 1,3 milliard d’euros de dommages annuels en moyenne sur les cinq dernières années, soit presque le double des niveaux observés depuis son intégration au régime. Cette évolution fragilise directement la soutenabilité financière du dispositif. La hausse récente des surprimes — passées de 12 % à 20 % pour les assurances habitation — a permis de rééquilibrer temporairement le système, mais la Cour estime que cela ne suffira pas à long terme. Selon plusieurs scénarios étudiés à horizon 2050, le coût des sinistres pourrait encore augmenter de 47 à 85 %. Face à cette situation, la Cour des comptes appelle à une évolution profonde du modèle. Elle recommande notamment de réévaluer régulièrement les surprimes, mais aussi de revoir progressivement la frontière entre les événements considérés comme exceptionnels et ceux devenus récurrents sous l’effet des changements climatiques. Derrière cette question technique se cache en réalité un enjeu majeur d’aménagement et d’adaptation des territoires. Car si certains événements deviennent structurels, alors certains espaces pourraient progressivement sortir du champ de l’assurabilité classique. Le rapport évoque même l’identification de « zones noires », dans lesquelles la fréquence des sinistres rendrait impossible toute couverture durable, conduisant à imposer des formes d’inconstructibilité. Cette perspective marque un basculement profond. Elle rappelle que les changements climatiques ne constituent plus uniquement un enjeu environnemental, mais aussi un sujet économique, assurantiel et territorial. Elle pose surtout une question centrale : comment continuer à habiter, aménager et protéger des territoires de plus en plus exposés ? Dans ce contexte, la prévention apparaît comme une priorité absolue. La Cour insiste ainsi sur la nécessité de renforcer les plans de prévention des risques, d’accélérer les démarches de « reconstruction résiliente » et de développer une véritable culture du risque auprès des habitants, des collectivités et des acteurs économiques. Ces enjeux sont pleinement au cœur des travaux menés par le Comité 21. À travers son parcours dédié à l’adaptation aux changements climatiques, l’association accompagne les territoires dans l’identification de leurs vulnérabilités, la mobilisation des acteurs locaux et la construction de stratégies collectives de résilience. Car face à l’accélération des risques, l’enjeu n’est plus seulement d’indemniser les catastrophes, mais de réduire notre vulnérabilité collective. 👉 Le Comité 21 lance son nouveau parcours adaptation 2026-2027 Le rapport de la Cour des comptes envoie ainsi un signal clair : le modèle français de solidarité climatique reste robuste, mais il entre dans une nouvelle phase. Une phase où l’adaptation des territoires, l’anticipation des risques et la transformation des modèles d’aménagement deviennent des conditions indispensables de sa pérennité.

Parcours d’accompagnement sur l’adaptation aux changements climatiques

Parcours d’accompagnement sur l’adaptation aux changements climatiques  Le Comité 21 propose un parcours d’accompagnement pour aider les acteurs publics et privés à construire, ensemble, des stratégies d’adaptation aux changements climatiques.  Face à des impacts climatiques déjà visibles et appelés à s’intensifier, l’adaptation suppose en effet de croiser les diagnostics, d’aligner les stratégies et de renforcer les coopérations entre les collectivités locales, les acteurs socio-économiques et les habitants du territoire. L’objectif est de constituer de véritables équipes territoriales de l’adaptation, capables de passer d’une lecture partagée des vulnérabilités à des actions coordonnées.  Ce parcours s’inscrit dans le cadre du 3e Plan national d’adaptation au changement climatique et s’appuiera sur la TRACC, trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation, qui retient l’hypothèse d’une France hexagonale à +2 °C en 2030, +2,7 °C en 2050 et +4 °C en 2100.  👉 Découvrez la plaquette ici : Objectifs du parcours  Le parcours vise à accompagner les organisations d’un même territoire, dans la construction d’une démarche d’adaptation structurée, progressive et opérationnelle.  Il permettra aux participants de :  4 étapes pour structurer un plan d’action  Le parcours est organisé autour de quatre grandes étapes :  Pour chaque étape, le parcours alterne :  Des focus thématiques pour passer à l’action  En complément de ces quatre étapes, le parcours intégrera pour les adhérents de l’établissement Grand Ouest des focus thématiques sur la ressource en eau, les mobilités et les solutions fondées sur la nature.  Ces séquences permettront d’approfondir les diagnostics territoriaux, d’identifier des vulnérabilités spécifiques et de travailler sur des leviers d’action concrets. Elles auront également vocation à faire émerger des coopérations opérationnelles entre acteurs d’un même territoire ou d’une même chaîne de valeur.  Calendrier du parcours  Étape 1 — Appréhender les changements climatiques et leurs impacts à l’échelle locale  Date : 15 septembre 2026  Matin : session plénière  Cette première étape permettra de poser un socle commun de compréhension des changements climatiques et de leurs impacts socio-économiques à l’échelle locale.  Elle comprendra :  Après-midi : atelier territorial  L’atelier permettra aux participants de s’approprier les indicateurs utiles à leur démarche, de sélectionner les données les plus pertinentes pour leur territoire et d’engager la construction progressive de leur portrait climatique.  Focus thématiques — Eau, nature et mobilités  À la suite de cette première étape, trois focus thématiques seront proposés. Ils permettront d’approfondir certains enjeux clés de l’adaptation et d’affiner les éléments de diagnostic à partir de trois entrées opérationnelles : les mobilités, la ressource en eau et la nature.  Étape 2 — Identifier les vulnérabilités de son territoire et de son organisation  Date : 17 novembre 2026  Matin : session plénière  Cette étape sera consacrée à la notion de vulnérabilité, en croisant l’exposition aux aléas, la sensibilité des territoires et des organisations, et leur capacité d’adaptation.  Elle comprendra :  Après-midi : atelier territorial  L’atelier permettra de travailler sur les vulnérabilités territoriales et organisationnelles, d’identifier les points critiques — infrastructures, ressources, dépendances, continuité d’activité, chaîne d’approvisionnement — et de croiser les enjeux d’exposition, de sensibilité et de capacité d’adaptation.  Étape 3 — Mobiliser les parties prenantes et identifier les modalités de coopération  Date : 19 janvier 2027  Matin : session plénière  Cette session permettra de travailler le rôle des parties prenantes dans les démarches d’adaptation, à la fois comme facteurs potentiels de vulnérabilité et comme leviers de résilience collective.  Elle comprendra :  Après-midi : atelier territorial  L’atelier permettra d’approfondir les analyses avec les équipes territoriales. Pour chaque axe de vulnérabilité identifié, les participants travailleront à la cartographie des parties prenantes concernées et à l’analyse de leur propre vulnérabilité.  Étape 4 — Élaborer sa feuille de route vers un plan d’adaptation  Date : 9 mars 2027 Matin : session plénière  Cette dernière étape méthodologique sera consacrée à la construction de la feuille de route. Elle permettra d’identifier les leviers d’action prioritaires, de les hiérarchiser et de les inscrire dans un plan d’adaptation progressif, réaliste et suivi dans le temps.  Elle comprendra :  Après-midi : atelier territorial  L’atelier sera consacré à la construction et à la consolidation des plans d’action territoriaux et organisationnels.  Focus thématiques — Eau, nature et mobilités  Une seconde séquence de focus thématiques sera proposée après l’étape 4 afin d’approfondir les pistes identifiées, de consolider les actions prioritaires et de nourrir les feuilles de route des participants.  Événement de clôture — Partager et enrichir sa feuille de route  Date : à préciser  Un événement de clôture permettra de partager les feuilles de route, de valoriser les travaux engagés et d’identifier les suites possibles, notamment en matière de coopérations territoriales.  À qui s’adresse ce parcours ?  Ce parcours s’adresse à tous types d’acteurs souhaitant structurer ou renforcer leur démarche d’adaptation aux changements climatiques : élus, agents de collectivités, chefs d’entreprise, responsables RSE, climat, risques, QHSE, responsables techniques, acteurs associatifs, établissements d’enseignement et de recherche.  Il est ouvert aux organisations publiques et privées souhaitant mieux comprendre leurs vulnérabilités, construire une stratégie d’adaptation et identifier des actions concrètes à mettre en œuvre.  Quelques témoignages :  ” Participer à un parcours du Comité 21 donne le contexte favorable à expérimenter. Le prétexte du parcours sur la coopération vous permet d’avancer dans une safe zone pour lancer des coopérations . Pour ma boite en Sarthe c’est trop bien, on va collaborer avec le Conseil Départemental de la Sarthe. Le cadre est structurant, on est dans de bonnes conditions”   Responsable environnement dans une entreprise    « Je repars  avec la conviction que nous partageons tous les mêmes défis. Il est donc essentiel de créer des synergies et d’échanger sur les bonnes pratiques si nous voulons progresser sur nos différentes problématiques. »    Chargé de transition écologique dans une collectivité    « Les ateliers permettent d’avoir une approche terrain. Atterrir et avoir des retours d’expériences des membres du réseau, comparer nos approches et nos enjeux. Effet levier dans la dynamique que l’on peut porter dans nos politiques publiques, aide à ancrer nos politiques publiques. C’est une approche réseau riche, des moments privilégiés. …. Je recommande vivement »   DGS d’une collectivité    Modalités d’inscription  Le parcours est gratuit pour les adhérents du Comité 21.  Il est conseillé de participer à plusieurs acteurs d’un même territoire afin de croiser les regards et de travailler collectivement à l’alignement des stratégies d’adaptation. L’enjeu est d’identifier les leviers de coopération permettant de renforcer

Compensation écologique : Dispositifs territoriaux au service de la biodiversité

Le Comité 21 et la CDC Biodiversité ont publié un article consacré aux enjeux de la compensation écologique. A l’heure où la relocalisation des industries est devenue un impératif de souveraineté, le sujet des impacts sur la biodiversité des nouvelles implantations dans nos territoires se pose avec acuité. Comment compenser les pertes de biodiversité rendues inévitables par des projets stratégiques ?   L’objectif de la compensation écologique est de contrebalancer les impacts résiduels d’un acteur, d’un projet ou d’un programme sur l’environnement, en termes de perte de biodiversité. C’est un mécanisme d’internalisation des externalités dans un cadre de sobriété écologique. La démarche doit être appréhendée à l’aune de la séquence Eviter, Réduire, Compenser (ERC), inscrite dans le Code de l’environnement : les mécanismes compensatoires ne doivent intervenir qu’en dernier recours et ne devraient en aucun cas se substituer aux mesures d’évitement (éviter tout impact) et de réduction (limiter au maximum un impact inévitable). Ainsi, pour continuer à se développer en tenant compte de la préservation de l’environnement, les acteurs sont tenus de repenser profondément leur projet d’aménagement (urbanisation, développement d’infrastructures et d’industries…).   Outil de dernier recours, la compensation s’est malgré tout imposée comme un outil central des politiques environnementales visant à répondre aux impacts persistants des activités humaines. Si l’efficacité de certaines démarches a pu être contestée plusieurs types de compensation écologique existent et une approche territoriale et coopérative tenant compte de ces limites permet d’offrir des garanties solides.  👉 Lire l’article ici

Marais poitevin : construire l’adaptation par le dialogue et l’action

Dans le Marais poitevin, territoire emblématique mais profondément fragilisé, l’adaptation aux changements climatiques ne se décrète pas : elle se construit, patiemment, dans la confrontation des enjeux et la recherche de compromis. Entre tensions sur la gestion de l’eau, évolutions des pratiques agricoles et vulnérabilité accrue des milieux naturels, ce territoire concentre une grande partie des défis auxquels sont aujourd’hui confrontés les territoires français. Sur plus de 200 000 hectares, cette zone humide majeure de la façade atlantique, désormais labellisée Ramsar, fait face à des pressions multiples et parfois contradictoires. Les débats autour des usages de l’eau, notamment, illustrent la complexité des arbitrages à opérer dans un contexte de raréfaction de la ressource et d’intensification des aléas climatiques. Dans ce paysage, l’adaptation apparaît non seulement comme une nécessité, mais aussi comme un exercice collectif exigeant. C’est dans cette perspective qu’a été lancé le projet « Life Maraisilience », porté par le parc naturel régional. Doté d’un budget de 3 millions d’euros sur quatre ans, ce programme associe collectivités, acteurs académiques et partenaires économiques autour d’un objectif commun : construire une stratégie d’adaptation ancrée dans les réalités du territoire. L’une des premières étapes consiste à mieux comprendre les dynamiques en cours. Un observatoire du climat est ainsi en cours de déploiement, avec la collecte de données sur les vulnérabilités du territoire, les perceptions des habitants ou encore la capacité des sols à stocker du carbone. Ce travail de connaissance est essentiel pour objectiver les enjeux et éclairer les décisions. Mais au-delà des données, c’est bien la mobilisation des acteurs qui constitue le cœur du projet. Ateliers participatifs, spectacles, démarches de prospective territoriale : près de 800 personnes ont déjà été impliquées dans des temps d’échange visant à imaginer le territoire à l’horizon 2050. Cette dynamique se poursuit avec l’organisation d’agoras climatiques réunissant élus, professionnels, associations et citoyens, dans une logique d’équilibre des représentations et de co-construction. L’enjeu est clair : favoriser l’acceptabilité sociale des transformations à venir. Car adapter un territoire, c’est aussi accepter de faire évoluer les pratiques, en particulier agricoles, ce qui suppose d’accompagner les acteurs dans la prise de risque. À ce titre, l’expérimentation menée avec des exploitations agricoles, soutenues pour faire évoluer leurs modèles, illustre la volonté de passer du débat à l’action. Ce projet met en lumière une réalité souvent sous-estimée : l’adaptation ne se limite pas à des solutions techniques. Elle repose sur des processus de dialogue, de compréhension mutuelle et de projection collective. Elle suppose de croiser les savoirs, de confronter les intérêts et de construire des trajectoires partagées dans des contextes parfois conflictuels. C’est précisément dans cette logique que s’inscrit l’action du Comité 21. À travers son parcours dédié à l’adaptation aux changements climatiques, l’association accompagne les acteurs publics et privés pour structurer des démarches territoriales, articulant connaissance des vulnérabilités, mobilisation des parties prenantes et identification de solutions concrètes. L’objectif est de passer d’une prise de conscience à une mise en mouvement collective, en s’appuyant sur des dynamiques locales. L’expérience du Marais poitevin montre que, même dans les territoires les plus exposés et les plus conflictuels, il est possible d’engager des démarches d’adaptation ambitieuses. À condition d’accepter la complexité, de créer des espaces de dialogue et de s’inscrire dans le temps long. Face aux changements climatiques, l’enjeu n’est plus seulement de protéger les territoires, mais de les transformer. Et cette transformation ne peut réussir que si elle est partagée.

Électrifier pour décarboner : un changement d’échelle à concrétiser dans les territoires

Électrifier pour décarboner : un changement d’échelle à concrétiser dans les territoires Le gouvernement a dévoilé, le 10 avril 2026, son plan d’électrification des usages, porté par le gouvernement français, dans un contexte de tensions énergétiques internationales et de dépendance persistante aux énergies fossiles. Derrière l’annonce, une ambition claire : accélérer la décarbonation de l’économie française en s’appuyant sur un atout stratégique majeur — une électricité largement produite sur le territoire — et engager une véritable bascule des usages, en particulier dans le bâtiment et les transports. Aujourd’hui encore, près de 60 % du mix énergétique français repose sur des énergies fossiles importées. Cette situation, à la fois climatique, économique et géopolitique, fragilise les territoires et expose les acteurs aux chocs extérieurs. Le plan présenté vise donc un double objectif : réduire cette dépendance tout en relançant la consommation d’électricité décarbonée. Pour y parvenir, le gouvernement annonce un changement d’échelle, avec un doublement des financements consacrés à l’électrification, qui atteindraient 10 milliards d’euros par an d’ici à 2030, par redéploiement des aides existantes. Le secteur du bâtiment est au cœur de cette stratégie. L’interdiction d’installer des chaudières au gaz dans les constructions neuves dès la fin 2026 marque un tournant. Elle s’accompagne d’un objectif massif de déploiement des pompes à chaleur — un million par an d’ici 2030 — et d’un effort ciblé sur le logement social, avec la perspective de sortir deux millions de logements du gaz à horizon 2050. Au-delà des enjeux climatiques, cette orientation vise aussi à réduire la facture énergétique des ménages et à structurer une filière industrielle nationale. Les transports constituent le second levier majeur. Le gouvernement fixe un cap ambitieux : deux voitures neuves sur trois devront être électriques d’ici 2030. La montée en puissance de la production nationale, le renforcement du leasing social — notamment pour les travailleurs essentiels — et les aides à l’électrification des flottes professionnelles traduisent cette volonté d’accélération. Les entreprises, en particulier les PME, sont également ciblées, avec des dispositifs de soutien pouvant aller jusqu’à 100 000 euros pour les véhicules utilitaires et les poids lourds. Pour autant, si les objectifs sont posés, leur mise en œuvre reste largement à construire. Les modalités concrètes, les équilibres financiers et les conditions d’acceptabilité sociale seront déterminants. Car électrifier ne suffit pas : il s’agit de repenser les usages, les infrastructures, les modèles économiques et les pratiques de mobilité. Sans une approche territorialisée et concertée, le risque est réel de voir se creuser les écarts entre territoires, entre acteurs et entre capacités d’adaptation. C’est précisément à ce niveau que se joue l’essentiel. Les transitions énergétiques et de mobilité ne pourront réussir que si elles s’ancrent dans les réalités locales, en associant collectivités, entreprises, acteurs de la mobilité, opérateurs énergétiques et citoyens autour de trajectoires partagées. Dans cette perspective, le Comité 21 s’engage pleinement. À partir de septembre prochain, son établissement Grand Ouest animera une série d’ateliers territoriaux consacrés à la mobilité décarbonée. L’objectif est clair : accompagner les acteurs dans la compréhension des enjeux, partager les retours d’expérience, identifier les freins et faire émerger des solutions concrètes adaptées aux spécificités locales. Ces temps de travail permettront notamment de croiser les enjeux d’électrification, de sobriété, d’aménagement du territoire et d’accessibilité sociale, afin de construire des trajectoires crédibles et opérationnelles. Cette démarche s’inscrit dans l’ADN du Comité 21 : faire dialoguer les acteurs, transformer les ambitions nationales en dynamiques territoriales concrètes et créer les conditions d’une transition à la fois efficace, juste et durable. Car face aux défis énergétiques et climatiques, une chose est certaine : aucune transition ne réussira sans coopération, ni sans ancrage dans les territoires.

Lancement des groupes de travail thématiques

Lancement de nos groupes de travail thématiques le 16 juin prochain ! Venez participer à ces temps d’échange visant à vous accompagner dans la mise en œuvre de vos projets, à faire émerger des coopération et à renforcer l’impact de vos actions en faveur de la transition écologique. 🎯Les objectifs poursuivis : • Mieux appréhender les enjeux de transition écologique de son territoire et de son organisation ; • Identifier des leviers d’action individuels et des sujets de coopération pour répondre aux défis environnementaux ; • S’engager dans la mise en œuvre d’actions concrètes et en mesurer l’impact. 📝Le déroulé : • Des sessions plénières pour travailler la méthodologie de projet et aborder les dimensions stratégiques au travers du partage d’outils pratiques et de témoignages d’experts ; • Des ateliers thématiques sur les enjeux des mobilités, de la ressource en eau et de la nature pour s’inspirer, identifier les leviers d’action et construire ensemble des coopérations. 🔎 Zoom sur l’atelier thématique MOBILITES Les transports représentent le plus gros poste d’émissions de gaz à effet de serre et constituent un sujet de politiques publiques et de changements de comportement. Face à ces défis, comment repenser la mobilité à l’échelle des territoires ? Comment accompagner les usager·ère·s vers des mobilités durables ?  Démarrage des sessions de travail le 23/06. 🔎 Zoom sur l’atelier thématique EAU La disponibilité de la ressource en eau est un enjeu pour l’ensemble des territoires, posant la question de son partage entre acteurs et entre territoires. Travailler à des pratiques plus sobres et une gestion responsable de l’eau nécessite la mise en œuvre de leviers d’action collectifs, multi-acteurs et locaux. Aussi, quelles actions mettre en œuvre pour préserver la ressource en eau à l’échelle de nos territoires ? 📆 Descriptif et calendrier via le lien d’inscription

RAPPORT DU GIEC-PL : EMPLOIS ET CONDITIONS DE TRAVAIL

Le GIEC des Pays de la Loire publie aujourd’hui un rapport spécial sur les emplois et les conditions de travail face aux changements climatiques.  📃   Les changements climatiques ne bouleversent pas seulement les paysages, les ressources ou les infrastructures. Ils transforment également les conditions d’exercice des métiers. Dans les Pays de la Loire, cela concerne des milliers de salariés, d’indépendants, d’agents publics, et dans des secteurs aussi essentiels que l’agriculture, le bâtiment, l’industrie, l’aide à la personne, les transports, la logistique ou le tourisme.  Chaleurs extrêmes, inondations, sécheresses, feux de végétation : avec les impacts des changements climatiques qui se multiplient, ce sont aussi les conditions de travail et la santé des travailleurs qui se dégradent. Cependant, « tous les travailleurs ne sont pas égaux face à ces bouleversements. Selon le secteur d’activité, le métier exercé, le lieu de travail, le statut d’emploi, l’âge, l’état de santé ou la taille de l’organisation, l’exposition et la capacité à se protéger varient fortement. Les changements climatiques agissent ainsi comme un accélérateur des inégalités déjà présentes » soulignent les experts du GIEC-PL.  Les experts rappellent ainsi que l’adaptation du travail ne peut plus être considérée comme un sujet secondaire. Elle constitue un enjeu central de santé des travailleurs, de justice sociale mais aussi de résilience économique. Car on ne protégera pas durablement les activités économiques si l’on ne protège pas d’abord celles et ceux qui les font vivre.  À lire et à diffuser largement ! 🚀   👉 Lien de téléchargement du rapport : cliquez ici

Haut Conseil pour le climat : les territoires à l’épreuve du réel 

Dans son rapport 2026, le Haut Conseil pour le climat dresse un constat sans détour : si les collectivités territoriales se sont imposées comme des acteurs clés de la transition, l’action climatique locale reste encore entravée par un manque de moyens, de coordination et de pilotage. À l’heure où les impacts des changements climatiques s’accélèrent, l’enjeu n’est plus de planifier davantage, mais de rendre l’action réellement effective, concrète et juste à l’échelle des territoires.  Les outils existent pourtant. Plans climat, schémas régionaux, feuilles de route issues des COP territoriales ont progressivement structuré l’action publique depuis deux décennies. Aujourd’hui, plus des trois quarts de la population française vivent dans un territoire couvert par un plan climat. Mais cette montée en puissance reste en décalage avec l’ampleur des défis. Les objectifs demeurent hétérogènes, parfois peu ambitieux, et encore insuffisamment alignés avec les trajectoires nationales. La planification a posé un cadre ; elle ne garantit pas encore l’action.  Au cœur des difficultés, le rapport met en évidence une gouvernance éclatée. Entre l’État, les régions, les intercommunalités, les syndicats et les opérateurs publics ou privés, les responsabilités se superposent sans toujours s’articuler. Cette complexité produit des effets très concrets : des politiques publiques fragmentées, parfois contradictoires, et une difficulté persistante à construire des stratégies réellement intégrées. L’aménagement du territoire, les mobilités, le développement économique ou encore l’agriculture continuent ainsi, dans certains cas, de suivre des trajectoires incompatibles avec les objectifs climatiques.  À cette fragmentation institutionnelle s’ajoutent des inégalités territoriales profondes. Les territoires ne sont ni exposés de la même manière aux aléas climatiques, ni dotés des mêmes capacités d’action. Littoraux, espaces ruraux et zones urbaines font face à des vulnérabilités spécifiques, tandis que les moyens humains, techniques et financiers varient fortement d’une collectivité à l’autre. Les plus petites structures, souvent moins dotées en ingénierie, peinent à concevoir, financer et piloter des projets complexes. Le risque est alors double : ralentir la transition et accentuer les fractures territoriales, alors même qu’elle devrait être un levier de justice.  Le Haut Conseil pointe également un décalage massif entre les ambitions affichées et les moyens réellement mobilisés. Atteindre les objectifs climatiques suppose une hausse significative des investissements des collectivités, dans un contexte pourtant marqué par des contraintes budgétaires croissantes. Dans le même temps, certaines dépenses publiques continuent d’alimenter des trajectoires incompatibles avec la neutralité carbone. À ce déficit de financements s’ajoute un manque d’ingénierie, pourtant essentiel pour passer de l’intention à l’action. Monter des projets, mobiliser des financements, coordonner des acteurs, suivre les résultats : autant de compétences encore trop inégalement réparties sur le territoire.  Dans ce contexte, l’accès à une expertise scientifique territorialisée devient un levier décisif. Les groupes régionaux d’experts sur le climat, les observatoires et les structures d’appui permettent d’objectiver les vulnérabilités, d’éclairer les décisions publiques et d’accompagner les stratégies d’adaptation. Mais ces dispositifs restent encore fragiles et inégalement mobilisés, alors même que la complexité des enjeux appelle un renforcement massif des connaissances locales. La transition climatique ne peut se piloter sans données fiables, sans analyses territorialisées et sans capacité à transformer ces connaissances en décisions opérationnelles.  Le pilotage de l’action constitue d’ailleurs l’un des points les plus critiques. Les données existent, mais elles sont dispersées, hétérogènes et difficilement exploitables. Les indicateurs sont nombreux, mais rarement utilisés pour orienter les décisions. Surtout, il reste difficile de mesurer l’impact réel des politiques locales sur les émissions de gaz à effet de serre ou sur la réduction des vulnérabilités. Cette faiblesse entretient un flou sur l’efficacité des actions engagées et limite la capacité d’apprentissage des territoires.  Face à ces constats, le rapport appelle à un changement profond de logique. Il ne s’agit plus seulement de planifier, mais de créer les conditions concrètes de l’action. Cela suppose de renforcer la gouvernance, de clarifier les rôles et d’améliorer la coordination entre les échelons. Cela implique aussi d’accroître significativement les moyens financiers, de stabiliser les dispositifs et d’en simplifier l’accès. Le développement d’une ingénierie territoriale de haut niveau apparaît comme une condition indispensable pour accompagner les collectivités, en particulier les plus fragiles.  Le Haut Conseil insiste également sur la nécessité d’intégrer pleinement les enjeux climatiques dans l’ensemble des politiques publiques, afin d’éviter les incohérences et d’engager une transformation systémique. L’adaptation doit désormais être intégrée à tous les investissements et à toutes les décisions. Enfin, la mise en place d’un véritable système de pilotage, fondé sur des indicateurs simples, harmonisés et utiles à la décision, constitue un levier essentiel pour suivre les progrès et ajuster les trajectoires.  Dans ce paysage, des acteurs comme le Comité 21 jouent un rôle structurant. En diffusant les connaissances, en s’appuyant notamment sur les groupes régionaux d’experts du climat — comme le GIEC des Pays de la Loire —, en accompagnant les collectivités et en incubant des projets concrets, ils contribuent à combler l’écart entre les ambitions et leur mise en œuvre. Leur capacité à fédérer des acteurs publics et privés, à expérimenter de nouvelles approches et à faire émerger des solutions opérationnelles en fait un levier clé d’accélération.  Le message du Haut Conseil est clair : la réussite de la transition climatique se jouera dans les territoires, mais elle suppose un renforcement massif de leurs capacités d’action. Expertise, ingénierie, financements et coopération constituent désormais les conditions indispensables pour passer des plans aux projets, et des objectifs aux résultats. La transition écologique n’est plus seulement une affaire de stratégie ; elle devient une question de moyens, d’organisation et de volonté collective. 

La souveraineté, levier de relance de la transition écologique 

Le Comité 21 organise le jeudi 21 mai une matinée sur le thème « La souveraineté, levier de relance de la transition écologique », dans le cadre du cycle de rencontres sur les « Enjeux de souveraineté » organisé par l’Institut pour la recherche de la Caisse des dépôts. En période de backlash environnemental, qui ne se signifie pas nécessairement un rejet ou même un désintérêt pour les questions écologiques mais se traduit par une remise en cause de certaines politiques et un ralentissement des investissements, la souveraineté apparaît comme un levier possible de remobilisation. Elle fournit un cadre alternatif pour penser l’action publique, notamment sur les sujets énergétiques, agricoles et forestiers, et permet de mettre l’accent sur les notions de sobriété et de circularité dans la gestion des ressources. Mais souveraineté et écologie ne sont pas une seule et même chose, et cette rencontre permettra d’étudier comment et sous quelles conditions le discours de la souveraineté peut être un levier pour redonner de l’allant aux politiques de transition. La matinée abordera les thématiques suivantes : Voir la page de l’événement: La souveraineté, levier de relance de la transition écologique – Comité 21

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